Après le "greenwashing", de plus en plus d'entreprises mettent en place une politique de "greenhushing", en français "silence vert". Une pratique qui consiste à "taire" volontairement les efforts écologiques des professionnels.
Contrairement au "greenwashing", dont le concept est d'utiliser des arguments écologiques trompeurs pour embellir son image publique, le "greenhushing" peut être traduit comme "écosilence" ou "silence vert". En rupture avec l'écoblanchiment, il consiste à taire les engagements environnementaux d'une entreprise. Pour certains acteurs, cette pratique est utilisée afin de prouver son engagement sincère et ne pas passer pour un opportuniste en attendant que les actions/mesures mises en place portent leurs fruits. En revanche, pour d'autres, cela permet de passer sous silence l'inaction ou le manque d'efforts en matière de transition durable. La technique du "je ne parle pas pour ne pas être critiqué ou être accusé de...".
La législation se durcit pour les greenwashers
Mais ce phénomène est également l'une des conséquences de la loi Climat et résilience. Entrée en vigueur au 1er janvier 2023, elle interdit aux annonceurs d'affirmer dans une publicité qu'un produit ou un service est "neutre en carbone", "biodégradable" ou "respectueux de l'environnement" sans que soit publié son bilan d'émissions de gaz à effet de serre. Plusieurs compagnies aériennes, dont Air France, se sont par exemple faites épinglées pour greenwashing et publicité mensongère. L'évolution de la législation pourrait donc jouer en la faveur du "greenhushing", par peur d'éventuelles poursuites judiciaires. Si adopter une communication trompeuse pour embellir son image publique est condamnable, taire ses engagements environnementaux n'a pas que de bons effets. Certaines entreprises affichant une empreinte carbone élevée en profitent ainsi pour passer sous silence leur impact environnemental et leur stratégie de décarbonation, qui pour certaines se révèle insuffisante. Le juste milieu reste encore à trouver...
Photo d'ouverture : @Jelleke Vanooteghem