Comment l'éco-conception gagne-t-elle du terrain dans le secteur de la culture ?

Le secteur de la culture s'empare du sujet de la responsabilité environnementale en intégrant, pour la majorité des acteurs, de nouveaux paramètres lors de…

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ML

Margot Ladiray

14 février 20243 min de lecture

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© Archives Travolution

Le secteur de la culture s'empare du sujet de la responsabilité environnementale en intégrant, pour la majorité des acteurs, de nouveaux paramètres lors de l'élaboration d'une exposition. Selon Fanny Legros, fondatrice de Karbone Prod, l'éco-conception est un sujet prioritaire dans de nombreuses structures, notamment en matière d'art numérique.  

Que propose Karbone Prod et quel constat faites-vous sur l'évolution du secteur de la culture par rapport aux questions environnementales ?

Fanny Legros, fondatrice de Karbone Prod

Chez Karbone Prod, nous faisons de la mesure d’impact environnemental et de l’éco-conception pour l’industrie culturelle et créative. Aujourd’hui, nous parlons beaucoup d’empreinte carbone, mais l’impact environnemental englobe tout un tas d’autres éléments, notamment lorsque l’on se concentre sur le numérique.

Globalement, le Covid a servi d’accélérateur dans le secteur de la culture pour ce qui est des questions environnementales. Tous les acteurs se posent la question de leur empreinte environnementale dans leur établissement, quelque soit leur taille. La stratégie bas carbone est une stratégie nationale mais qui, malheureusement, ne concerne pas le secteur de la culture si l’on se réfère au texte de la COP21 datant de 2015. Si la majorité des acteurs ont des connaissances sur l’empreinte carbone, car cela va devenir réglementaire, celles concernant les autres aspects de l’éco-conception sont beaucoup moins connues. On ressent néanmoins une envie de la part des acteurs de « faire mieux » et les données récoltées sont de plus en plus précises, ce qui permet d’améliorer les méthodes de calculs et de pouvoir mettre en place des actions concrètes. A mon sens, la data environnementale est un sujet aussi important que l’IA pour les prochaines années.

Concrètement, comment accompagner les acteurs de la culture et les aider à réduire leur empreinte ?

Il y a d’abord un sujet autour de la sensibilisation puis de la formation. Ensuite, on va pouvoir prendre des mesures et présenter une feuille de route, un plan d’actions qui permet de réduire cet impact. Contrairement au secteur industriel, personne n’a la même méthode pour gérer son établissement ou travailler sur une exposition, les besoins sont très divers. Les paramètres que l’on va analyser vont aller du modèle économique, au poids des œuvres/installations jusqu’aux matériaux utilisés.

L'éco-conception est-elle prise en compte lorsque l'on parle d'art numérique ? L'immersif responsable, par exemple, est-il devenu une problématique ?

A ce jour, il n’y a pas de chiffres probants concernant l’art numérique et encore moins pour l’immersif car il y a très peu de traçabilité. Le projet CEPIR est important car, il va pouvoir donner une base à de nombreux acteurs et est très attendu sur le marché. La problématique liée à l’immersif se pose depuis peu de temps et dépend de l’évènement et de l’utilisation faite des casques. On sait que c’est la fabrication de ces outils qui pose problème et leur durée d’usage. Au-delà de l’immersif, il y a également la provenance des œuvres et leur transport qui est un sujet important au sein des structures culturelles, tout comme la mobilité du public. Comment favoriser et inciter les visiteurs à emprunter des modes de transport plus doux ? D’autre part, sur les marchés publics en particulier, les appels d’offres ne sont pas du tout adaptés à la transition écologique, personne ne parle d’éco-conception. A mon sens, même si le mouvement est en marche, la marge de progression est importante et il ne faut pas sauter les étapes. Il faut que les équipes puissent monter en compétences et que le métier de référent en éco-conception soit reconnu. Les missions pour les installations culturelles sont différentes de celles liées à la RSE « pure » et nécessitent de véritables connaissances sur le sujet.

Photo d'ouverture : @ian dooley

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