Dans notre série d’articles Flip Flop, nous revenons sur des technologies qui ont fait un flop dans le tourisme. Annoncées comme révolutionnaires il y a quelques années, elles sont pourtant tombées aux oubliettes. Aujourd’hui, nous revenons sur le flop des Google Glass dans le tourisme.
Ces derniers jours, des vidéos faisant le buzz sur les réseaux sociaux ont montré des geekos dans la rue, parlant tout seul et faisant des gestes étranges, un casque vissé sur le nez. Cela ne vous rappelle rien ? Les Google Glass pardi !
Lancées par Google en 2012, ces lunettes de réalité augmentée ont marqué le développement de la technologie. Leur promesse ? Ajouter une couche de virtuel sur le réel en affichant des informations telles que la météo, l’itinéraire à prendre, ses messages... Des créatifs avaient même imaginé son utilisation poussée à son paroxysme :
En 2014, plusieurs acteurs du tourisme commençaient à réfléchir à son utilisation pour les voyageurs en sortant des premières applications. Voyages SNCF, l’ancêtre de SNCF Connect, développait cette année-là un service avec Octo Technology qui concernait surtout les étrangers qui ne parlent pas français et qui voudraient réserver un billet sur le site. Un conseiller pouvait les guider et les conseiller. iDTGV, ancienne filiale du groupe SNCF, a également équipé de Google Glass ses agents d'accueil sur les quais au moment de l’embarquement.
L’entreprise GuidiGO réfléchissait quant à elle à leur utilisation dans le cadre d’une visite guidée. Les Google Glass pouvaient ainsi afficher des informations sur les œuvres au sein d’un musée ou un lieu touristique.
L’OTA espagnol Destinia lançait en 2014 la première application Google Glass pour réserver un hôtel, Hotel Near Me, quand le constructeur aérospatial Honeywell Aerospace voulait aider les hôtesses de l’air à être plus rapides et efficaces lors de la préparation d’un jet privé.
Dans chacun de ces cas, le but était de permettre aux utilisateurs, qu’ils soient des voyageurs ou des professionnels, de pouvoir avoir les mains libres dans leur tâches quotidiennes.
Des lunettes reléguées au statut de gadget
Malgré de nombreuses expérimentations dans le tourisme et d’autres secteurs d’activités, les Google Glass n’ont pas trouvé de réels cas d’usage. Considérées comme gadget, elles manquaient d’une vraie « killer app », d’une révolution. En 2017, Google a essayé de les « ressusciter » avec une orientation plus professionnelle, notamment dans le domaine de la maintenance et de l’industrie. Un terrain sur lequel opérait déjà Microsoft avec son casque HoloLens. Mais en vain. En septembre 2022, Google annonçait la fin de leur commercialisation avec une phrase qui a sûrement ému tous les techos qui ont travaillé sur le projet : « Merci pour plus d’une décennie d’innovation et de partenariat ».