Adoptée en première lecture à l'Assemblée nationale, la loi "anti-Airbnb" s'attaque à la niche fiscale des locations saisonnières. L'objectif est de réguler le parc locatif touristique.
Dans un contexte de crise du logement, notamment à Paris, la proposition de loi transpartisane visant Airbnb a été adoptée par l'Assemblée nationale, lundi 29 janvier. A quelques mois des Jeux Olympiques de Paris 2024, la question de la régulation des locations saisonnières est un sujet brûlant. Cette loi prévoit d'abaisser l'abattement fiscal à 30%, contre 71% ou 50% aujourd'hui. Il "subsistera un abattement fiscal de 71 % pour les revenus des meublés touristiques dans les zones rurales 'très peu dense' », précise le texte.
Les députés ont également voté en faveur d'un enregistrement des biens meublés de tourisme et la création de nouveaux outils de régulation pour les maires, comprenant la possibilité d'abaisser de 120 jours à 90 jours par an la durée maximale de la location d'une résidence principale. Enfin, l'interdiction de la location touristique des passoires thermiques a été adoptée. Cette proposition de loi vise à "remédier aux déséquilibres du marché locatif en zone tendue".
De son côté, Airbnb a déclaré à travers un communiqué envoyé ce mardi que, "2% des meublés de tourisme étaient loués de manière occasionnelle par des familles locales pour compléter leurs revenus ou rénover leur logement» et que ces familles seraient les premières perdantes de cette hausse d’impôts. Le géant américain se vante également d'avoir reversé 187 millions d'euros de taxe de séjour en 2023 pour le compte des hôtes à plus de 24 500 communes, soit une hausse de 25% par rapport à 2022.
Photo d'ouverture : @Andrea Davis