Le salon Learning Technologies, qui s'est tenu les 24 et 25 janvier derniers, a rassemblé plus de 10 000 visiteurs, témoignant de l'intérêt croissant des entreprises pour la formation de leurs collaborateurs à l'ère de l'IA, du Metaverse, et des défis liés à la RSE. Selon l'OCDE, la durée de vie d’une compétence technique est passée de 40 ans à 18 mois depuis les années 1980, mettant en évidence le besoin urgent de formation adaptée. Il est donc urgent que les salariés se forment.
La formation sert à rester compétitif, mais elle est aussi cruciale pour engager les équipes, notamment dans un contexte de télétravail et face aux défis de retenir les talents, en particulier la génération Z. Une étude Gallup de 2023 révèle que seulement 13% des travailleurs européens sont activement engagés, et 72% montrent des signaux de "quiet quitting" qui consiste à faire le strict minimum dans son travail. La formation régulière apparaît ainsi comme un levier de satisfaction important, puisque 89% des collaborateurs souhaitent développer leur compétences.
Il faut apprendre à (ré) apprendre
Le modèle de société industrielle en trois phases (formation, travail, retraite) ne correspond plus à notre époque. L'augmentation de l'espérance de vie qui nous pousse à travailler plus longtemps, la révolution numérique qui développe de nouveaux savoirs, et la mondialisation qui ouvre le champ des carrières multiples, nécessitent une adaptation continue aux compétences émergentes propres à notre ère digitale.
L'apprentissage est pourtant rendu difficile par la sursollicitation du cerveau liée à l'infobésité et les distractions constantes qu’offrent nos smartphones. Les formations traditionnelles sont souvent vite oubliées du fait de leur longueur, de leur nature théorique ou de leur manque de pertinence.
De nouvelles méthodes pour se former
Le salon Learning Technologies a mis en avant les meilleures pratiques actuelles pour instaurer une culture d'apprentissage efficace :
- Le développement des formations flexibles et multimodales - On combine désormais plusieurs formats au sein des programmes de formation pour s’adapter aux audiences et au contenu : plus d’une demi-journée de formation en physique, des modules de moins de 3h en visio, des contenus de moins de 1h en format Webinaire, et des contenus de moins de 30 minutes en « capsules » vidéos ou podcasts – très appréciés par les équipes terrain. C’est ce que proposent entre autres des acteurs comme Learning by Doing chez des clients comment SNCF.
- La formation collaborative – Fini les formations rigides, on privilégie maintenant l’intelligence collective, les partages de connaissances entre pairs pour resserrer les liens sociaux, permettre d’être acteur de son apprentissage et bénéficier de contenu collé à notre réalité et donc actionnable immédiatement. Plusieurs organismes proposent ces accompagnements comme Maria Schools, Seven, ou On Train au profit de nombreuses startups comme Electra, mais aussi des grands groupes innovants tels que Leroy Merlin qui forme régulièrement ses responsables de magasin avec ces méthodes. A noter que les animateurs ne sont plus des formateurs généralistes, mais d’anciens pros dans leurs domaines.
- Gamification et « serious games » - Les jeux « sérieux » ont pour objet de combiner à la fois des aspects critiques tels l'enseignement, avec des ressorts ludiques issus du jeu vidéo ou des jeux de rôle. Le principal bénéfice de ces jeux est de maintenir les apprenants plus motivés et engagés grâce à l’interactivité, et donc de mieux retenir ce qu’ils apprennent. Ces jeux permettent aussi de générer des scenarios compliqués et offrent un lieu sûr pour pratiquer et améliorer ses compétences, comme l’a expérimenté Easyjet avec Serious Factory pour simuler différentes situations de stress pour leur service clients. Et pour les sceptiques qui doutent de la méthode, ce marché pèse déjà 9 milliards d’euros et il triplera d’ici 2030 !
Créer un nouvel environnement
Le salon Learning Technologies a renforcé ma conviction quant à l'importance vitale de l'apprentissage continu dans un monde professionnel en perpétuelle mutation. Face aux défis de l'ère numérique et aux attentes croissantes des collaborateurs, les entreprises doivent révolutionner leur approche de la formation. Il ne s'agit plus seulement de transmettre des connaissances, mais de créer un environnement stimulant l'épanouissement, l'engagement et l'innovation. Les méthodes innovantes telles que les formations multimodales, collaboratives et la gamification s'avèrent être des voies prometteuses.
C'est dans ce contexte de transformation profonde que la pensée d'Albert Einstein trouve toute sa pertinence : "L'apprentissage est une expérience. Tout le reste n'est qu'information." Ce cher Albert soulignait l'importance de l'expérience vécue dans l'apprentissage, au-delà de la simple accumulation d'informations. Elle nous rappelle que pour s'adapter et exceller dans ce monde en constante évolution, les entreprises et leurs collaborateurs doivent embrasser une approche de l'apprentissage qui favorise l'expérience, la pratique et l'expérimentation. C'est en créant des expériences d'apprentissage riches et engageantes que nous pourrons transformer l'information en savoir, et le savoir en action.
Avec plus de 20 ans d'expérience internationale dans 8 pays, dont 16 ans dans le secteur de la tech et de la mobilité, Dimitri Tsygalnitzky est un coach d'équipe et de dirigeants. Passionné par la technologie et son impact sur les capacités humaines, Dimitri se concentre sur le développement de la maturité et de l’autonomie des équipes dans les entreprises à impact environnemental et social positif en Europe.