Comment l’échange de maisons peut-il influencer positivement les manières de voyager ?

Avec plus de 295 000 séjours réalisés, HomeExchange s’est offert un nouveau record en 2023.

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Julia Luczak-Rougeaux

29 janvier 20243 min de lecture

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© Iza Gawrych

Avec plus de 295 000 séjours réalisés, HomeExchange s’est offert un nouveau record en 2023. La plateforme d’échange de maisons entre particuliers ambitionne d’atteindre les 200 000 membres d'ici fin 2024, tout favorisant un voyage plus lent et plus local. A l’occasion de la publication de son étude sur son impact socio-économique par rapport aux autres formes d’hébergements touristiques, nous avons interrogé Charles-Edouard Girard, Co-fondateur d’HomeExchange.

Vous venez de publier une étude sur votre impact socio-économique dans laquelle vous détaillez 5 effets vertueux du développement de l’échange de maisons sur les communautés locales. Pourquoi avoir mené une telle étude ?

Charles-Edouard Girard, Co-fondateur d’HomeExchange.

Depuis le lancement de HomeExchange il y a 5 ans, nous savons que l’échange de maisons n’a pas le même impact qu’une location classique. C’est pourquoi nous avons voulu lancer plusieurs études pour comprendre les vertus du voyage plus local. L’impact socio-économique est la deuxième étude. La première, réalisée en 2023, portait sur notre impact carbone. La troisième portera sur notre impact sur la biodiversité, même si cela paraît moins évident à mesurer. Nous voulons comprendre quelles sont les pratiques touristiques de nos membres et en quoi elles sont vertueuses.

Justement, que dit l’étude sur ces pratiques ?

Lorsqu’on voyage, notre comportement diffère dans trois domaines : dans la manière de respecter les lieux, dans la manière d'interagir avec le local et dans la manière de visiter. Comme il n’y a pas d’échange d’argent et que les membres sont « invités » chez quelqu’un, il y a plus de respect vis-à-vis des lieux. Je ne pense pas que ce soit par peur de représailles, mais bien parce que la relation est différente. Le fait de loger dans une maison pousse les voyageurs à consommer local en allant faire les courses. Ils sont plus à même de découvrir des produits locaux. Pour la visite, nous observons que nos membres ont moins tendance à réserver des activités à l’avance et ne se tournent pas forcément vers les lieux les plus touristiques. Ils sont preneurs de conseils de la part des hôtes pour des lieux moins connus.

En quoi l'échange de maisons freine-t-il le phénomène de désertification et de surtourisme ?

83% des maisons présentes sur la plateforme sont des résidences principales. Lorsque les membres laissent leur maison, ils ne sont donc pas dans la même zone. Sur Paris l’été, ils sont « remplacés » par des voyageurs. Cela permet aux commerces de quartier de continuer à vivre, même au mois d’août. La logique n’est pas de gagner de l’argent à tout prix, mais bien de faire profiter d’autres personnes de son logement vacant gratuitement.

L’étude affirme que la localisation n’est pas nécessairement le facteur majeur du choix de séjour de vos membres. Comment l’expliquez-vous ?

L’échange de maison n’est pas une simple réservation. La communication joue un rôle important et passe souvent devant la localisation précise d’une maison. Beaucoup de nos membres ont une idée large de leur destination, ils veulent aller en Corse par exemple. C’est ensuite les différents échanges avec les hôtes, le fait qu’ils se projettent dans le logement et inversement dans le fait de devenir eux-mêmes hôtes, qui déclenche la décision. Je dirais que le début du voyage commence lorsque l’on débute une conversation. Il y a un vrai lien qui se crée.

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