Museum Connections : « Les musées ont un rôle à jouer pour expliquer ce qu’est l’IA »

En quoi l’IA instaure-t-elle une nouvelle relation entre le public des musées et leurs contenus ?

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JL

Julia Luczak-Rougeaux

23 janvier 20242 min de lecture

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LAWRENCE LEK, NOX, 2023. © LAWRENCE LEK. COMMISSIONED BY LAS ART FOUNDATION.© ANDREA ROSSETTI

En quoi l’IA instaure-t-elle une nouvelle relation entre le public des musées et leurs contenus ? Plusieurs experts et responsables de musées sont revenus sur l’impact de l’intelligence artificielle générative sur leur quotidien lors du salon Museum Connections.

L’intelligence artificielle générative fait évoluer considérablement le travail des artistes et questionne le public. C’est pourquoi les expositions sur le sujet se multiplient ces derniers mois. Au Musée de la main UNIL-CHUV à Lausanne, une exposition interactive s’est tenue pour découvrir le fonctionnement de l'intelligence artificielle. « Nous nous sommes éloignés de la matérialité de l’IA car nous voulions sortir des écrans », a précisé Olivier Glassey, Directeur du musée.

L’exposition NOX, à la LAS Art Foundation à Berlin, imaginait quant à elle les conséquences psychologiques d'un avenir peuplé de systèmes et de machines intelligents. « L’artiste Lawrence Lek questionnait l’empathie entre l’Homme et la machine », a complété Kristina Leipold-Struck, Directrice de la Fondation.

A l’ARS Electronica Center en Autriche, le public pouvait interagir avec l’artiste Isabel Schulz dans le cadre d’une expérience. Un visiteur lui donnait une description d’image, un prompt dans le langage de l’intelligence artificielle générative, et elle réalisait un dessin en suivant cette description. En parallèle, l’outil de création d’image Midjourney créait lui aussi sa version de l’image. « Il fallait quelques secondes pour Midjourney contre 20-25 minutes pour l’artiste », a déclaré Christoph Kremer, Directeur du Centre. A la fin, le public était invité à réagir et à comparer les deux résultats.

De gauche à droite : Emilie Girard (ICOM), Olivier Glassey, Marion Carré, Christoph Kremer, Kristina Leipold-Struck

Le rôle des musées dans la compréhension des enjeux de l’IA

Selon Christoph Kremer, les institutions culturelles peuvent à la fois revenir sur l’historique de l’intelligence artificielle mais aussi aborder les enjeux futurs. « C’est leur rôle de questionner l’avenir », a-t-il affirmé. Pour Marion Carré, co-Fondatrice d’Ask Mona et membre du Comité de l’Intelligence Artificielle Générative pour le volet Culture, il y a en effet plusieurs aspects de l’IA sur lesquels il faut alerter. « L’IA n’est pas magique. Beaucoup de questions se posent autour des données, des sources de connaissance de ces outils et de la désinformation qui peut en découler. Les musées ont un rôle à jouer pour expliquer ce qu’est l’IA », a-t-elle assuré.

Et la façon dont les institutions culturelles abordent ces sujets ne doit pas forcément être synonyme de coût énergétique élevé selon Olivier Glassey : « On peut très bien parler d’IA avec trois bouts de carton », a-t-il lancé.

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