Que faut-il retenir du CES 2024 ?

L’édition 2024 du CES, le salon mondial de l’innovation, s’est achevé il y a quelques jours à Las Vegas.

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JL

Julia Luczak-Rougeaux

18 janvier 20244 min de lecture

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© CTA

L’édition 2024 du CES, le salon mondial de l’innovation, s’est achevé il y a quelques jours à Las Vegas. Comme tous les ans, Matthieu Deboeuf Rouchon, Innovation Manager France - Research & Innovation Dpt chez Capgemini Engineering et auteur du Guide de survie du CES, à arpenter les allées de cette messe de la technologie. Il revient pour nous sur ce qui l’a marqué cette année.

Quel bilan faire de cette édition 2024 ?

Matthieu Deboeuf Rouchon, Innovation Manager France - Research & Innovation Dpt chez Capgemini Engineering

Je dirais que cette édition a été plus sage que les précédentes. J’ai moins repéré d’objets farfelus. Il y avait davantage une volonté de présenter un produit « à impact ». Les exposants savaient exactement pourquoi ils étaient là et leur offre de valeur était plus forte. C’est une bonne chose. Le salon s’est aussi épuré, il y a de plus en plus de personnes qui se questionnent sur l’empreinte carbone d’un tel déplacement à Las Vegas. Celles qui n’ont pas d’objectif précis ne viennent plus.

Cette année était bien celle de l’IA ?

Chaque année est celle de l’IA au CES, mais cette édition était particulièrement marquée par la hype autour de l’IA générative et des nouveaux modèles de langage. Vous avez sans doute entendu parler de Rabbit R1 que j’aime appeler le Tamagoshi augmenté. L’entreprise n’exposait pas mais sa conférence de presse a fait beaucoup parler d’elle. Grâce à l’IA générative, cet assistant est capable de prendre la main à la place de l’humain pour utiliser un service. Cela pose des questions en termes d’utilisation des données mais aussi de liberté donnée à cette IA. Jusqu’où peut-elle aller en se faisant passer pour nous ? Mercedes, de son côté, a intégré de l’IA générative dans l’habitacle du véhicule. Le constructeur veut anticiper les besoins du conducteur et lui offrir une nouvelle expérience de conduite.

Justement, qu’avez-vous repéré du côté de la mobilité ?

D’une manière globale, les technologies présentées ne sont pas forcément nouvelles, mais elles arrivent à un niveau de maturité. Du côté de la micro-mobilité, j’ai retenu les « skwheel one », des skis tout terrain développés par une startup normande. Contrôlés à l’aide d’une télécommande qui permet d’accélérer et décélérer, ils peuvent atteindre une vitesse de pointe à 80 km/h. De son côté, Honda présentait son Motocompacto, un deux-roues électrique qui prend la forme d’une valise une fois replié. Il y avait une volonté chez tous les constructeurs d’utiliser des bio-matériaux et de ne pas mettre des capteurs quand ils ne sont pas nécessaires. Chaque année, une voiture volante est révélée. Cette fois, c’était l’Aeroht eVTOL Flying, un prototype du Chinois Xpeng.

La santé était aussi un thème phare cette année ?

Oui, une majorité d’exposants s’inscrit dans le « wellness » (bien être en français, ndlr) et la santé. Les lunettes auditives d’EssilorLuxottica permettent par exemple, dans un environnement bruyant, de capter davantage le son de ce que l’on regarde. J’ai beaucoup aimé Wimagine développé par des chercheurs du CEA (Organisme public de recherche scientifique français, ndlr). Cet implant cérébral permet à des personnes paralysées et handicapées de regagner de l’autonomie voire de marcher à nouveau. On peut parler ici de vrai progrès.

S’il fallait choisir un top et un flop, quels seraient-ils ?

Il est difficile de trouver un flop, car comme je l’ai dit cette édition était assez sage. En revanche j’ai observé plusieurs entreprises qui proposaient un service déjà existant, mais en moins bien. Pour le côté gadget je peux donner l’exemple de la startup Clicks Technology qui a présenté un clavier à fixer à son iPhone pour se rappeler l’époque du BlackBerry. Pour mon top, je dirais Wimagine que j’ai cité plus tôt. J’ai aimé aussi les jumelles connectées AX visio de Swarovski Optik, qui permettent de nommer les oiseaux et les animaux que l’on observe. Il est possible de prendre des photos et de placer un pointeur sur l’élément observé pour ne pas le perdre de vue.

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