Dans l'univers automobile en constante évolution, les véhicules modernes sont de plus en plus équipés de technologies de pointe pour répondre aux exigences croissantes en matière de sécurité, de confort et de connectivité. Cependant, cette avancée technologique s'accompagne aussi de la hausse constante du coût du logiciel. Cette tendance a des répercussions directes sur le prix final des voitures, que ce soit à l'achat ou à la location.
Le coût du logiciel dans la conception d'une voiture moderne représente une part de plus en plus importante du budget total. Selon PwC (cabinet de conseil), le système d’exploitation va représenter à terme 60 % de la valeur ajoutée des véhicules. Les logiciels embarqués jouent un rôle clé dans l'expérience de conduite contemporaine. Systèmes avancés d'assistance à la conduite, fonctionnalités de divertissement, connectivité sans fil… C’est surtout l’autonomie des véhicules, rendue possible par l’intégration de l’IA et le développement du machine learning qui fait augmenter la valeur. Les clients paieront davantage le prix de l’innovation que le prix de la voiture.
Les innovations rendent vite les véhicules obsolètes
Cette hausse se reflète directement dans le coût d'achat des véhicules neufs, mais elle a également des implications sur d'autres aspects du marché automobile, tels que le marché de l’occasion ou la location de voitures. La valeur résiduelle d'un véhicule, c'est-à-dire sa valeur après un certain nombre d'années ou de kilomètres parcourus, est impactée par la rapidité avec laquelle les technologies embarquées deviennent obsolètes. La vitesse à laquelle de nouvelles innovations remplacent les anciennes générations de logiciels affecte directement la valeur à long terme des véhicules. Ainsi, un véhicule doté de technologies dépassées peut voir sa valeur résiduelle diminuer plus rapidement, impactant les contrats de location et les transactions sur le marché de l'occasion.
La transformation du conducteur en passager
Demain, les loueurs de voitures feront-ils leur entrée de gamme sur des véhicules peu ou pas du tout autonomes ? On peut l’imaginer. Le segment location de voitures dans le voyage d’affaires pourrait faire payer la transformation du conducteur en passager. Si, dans le passé, les entreprises octroyaient comme avantage, la location de voitures “plaisir” à leurs salariés, elles paieront plus cher demain pour éviter que les collaborateurs conduisent. Et c’est d’ailleurs assez cohérent ! Selon l’étude de l’Observatoire des Déplacements Professionnels en France et à l’Étranger de novembre 2022 par Opinion Way et Corporate Mobilities pour Axa France et Carbookr, le critère de choix “sécurité et sûreté” reste le plus important pour les voyageurs d’affaires (89%) devant d’autres critères comme le “coût” (82%) ou “l’impact carbone” (78%).
En réduisant grandement les erreurs humaines pendant la conduite, la voiture deviendra un mode de transport de plus en plus sûr et de plus en plus propre avec des motorisations 0 émission. Les voyageurs d’affaires, passagers de leur propre véhicule, gagneront alors en productivité. Passer des appels, préparer des rendez-vous, vérifier sa boîte mail tout en réduisant la charge mentale que génère la conduite, chacun devrait en fin de compte s’y retrouver : le voyageur, l’entreprise et le client.
A propos de l’auteur
Mathieu Gal est responsable de la communication et du digital chez Carbookr. Passionné par le monde automobile depuis toujours, il suit de près les dernières innovations et nouvelles technologies qui transforment le marché automobile. Retrouvez toutes ses chroniques ici et ici.