Mapstr évolue pour aller plus loin dans la recommandation de bonnes adresses

Depuis sa création en 2015, Mapstr a bien évolué.

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JL

Julia Luczak-Rougeaux

30 novembre 20234 min de lecture

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© Mapstr

Depuis sa création en 2015, Mapstr a bien évolué. D’application qui permet d’organiser et d’enregistrer ses adresses favorites, l’entreprise française se mue en outil de recommandations. Comment cette évolution se traduit-elle ? Comment Mapstr collabore désormais avec les acteurs du tourisme ? Nous avons interrogé Sébastien Caron, Fondateur et CEO de Mapstr.

Vous avez créé Mapstr en 2015 avec la volonté de lutter contre les avis anonymes sur TripAdvisor, Google et consorts. Comment ce credo s’est-il retranscrit dans l’évolution de Mapstr au fil des années ?

Sébastien Caron, Fondateur et CEO de Mapstr.

En 2015, j’ai pu constater que la majorité des avis disponibles étaient anonymes. Sur TripAdvisor, on trouvait même des restaurants qui n’existaient pas. Aucun service ne permettait d’accéder à des recommandations de personnes que l’on connaît. Pour moi, que l’avis soit faux ou pas ne fait aucune différence. Qu’importe si un avis a été rédigé par un Texan, une intelligence artificielle, une personne payée pour le faire ou un journaliste que je ne connais pas. Ce qui drive Mapstr depuis le début est la notion de confiance. Je peux suivre les recommandations d’un ami, d’un influenceur que j’apprécie ou d’un média que je connais bien. Au départ, nous voulions être le réceptacle de toutes les sources externes, afin que les utilisateurs puissent enregistrer toutes leurs adresses. Nous avons choisi de créer un écosystème sous forme de carte. Désormais, nous voulons être une source à part entière. C’est pourquoi nous avons lancé une nouvelle fonctionnalité, Mapstr Matching, qui utilise l’intelligence artificielle pour recommander des adresses à proximité. Grâce aux 90 millions de lieux enregistrés par nos utilisateurs dans l’application, nous sommes capables de comprendre leurs habitudes et leurs goûts, mais aussi d’identifier les adresses trendy. Nous devenons presque un média. Notre newsletter lifestyle comptabilise 700 000 abonnées en France et son taux d’ouverture est de 40%, c’est énorme. Cela montre que nos utilisateurs sont épicuriens et sont toujours à la recherche de nouvelles adresses.

Il est possible aujourd’hui d’enregistrer des bars, restaurants, hôtels, musées, etc. Envisagez-vous d’ajouter des évènements qui seraient actualisés en temps réel ?

Nous voulons être agnostique. Ma réponse est donc oui, mais ce n’est pas si simple. Il n’existe pas de base de données globale et ouverte aujourd’hui. Il faut donc faire le travail manuellement. Mais nous réfléchissons en effet à ajouter une notion de calendrier qui intégrerait les évènements.

Comment fait-on pour exister face à des mastodontes tels que Google Maps ou Instagram ?

Nos utilisateurs sont fidèles. Google Maps est un annuaire qui recense tout type de lieux partout dans le monde. Mais il n’intègre pas la dimension sociale, on ne peut pas y ajouter les adresses de ses amis. Sur Instagram, on retombe dans les vices des avis anonymes. Et encore, quand il s’agit bien de photos qui concernent le lieu enregistré... Bien souvent, on tombe sur des selfies qui ne nous éclairent pas vraiment.

Mapstr serait donc un réseau social ?

Bonne question. On se considère comme un réseau social, mais pas un réseau social à la Instagram car nos utilisateurs ne consomment pas de contenu. On ne veut pas que les gens scrollent, mais apporter une vraie utilité. On peut dire que Mapstr est le réseau social le plus confidentiel. Ce que l’on veut au final, c’est que les gens sortent de chez eux, qu’ils testent des adresses, pas qu’ils passent des heures sur leur téléphone.

Comment collaborez-vous avec des acteurs du tourisme ?

On ne collabore pas assez avec eux (rires). Aux prémices de Mapstr, mon rêve était de remplacer les cartes papier des offices de tourisme. Je sais que certaines d’entre elles possèdent désormais des versions numériques mais il faut bien souvent télécharger une application, ce n’est pas très pratique. Nous travaillons avec des offices de tourisme, comme celui de Paris, Lyon, Marseille ou Arcachon. Nous avons également collaboré avec le CRT Bretagne. Nous avons créé une carte Mapstr en partenariat avec des influenceurs locaux puis nous l’avons communiqué auprès d'environ 500 000 utilisateurs de la région Parisienne. 7,4 % de ceux qui ont vu la campagne sont allés en Bretagne l'année suivante. Toute destination ayant suffisamment de points d’intérêt peut créer sa carte pour mettre en valeur son patrimoine, ses commerces, ses lieux de vie.

Quel est le potentiel de la carte dans la découverte d’une destination ?

La carte est le meilleur outil pour découvrir une destination, car elle permet d’accéder rapidement à des recommandations en situation de mobilité. Mais je suis conscient que la vidéo a également un rôle à jouer. Idéalement, il faudrait une interface qui mixerait les deux. Nous sommes en train d’y réfléchir.

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