La plateforme de marketing numérique, Sojern, dévoile un rapport sur les tendances et défis du marketing de destination en 2024. Réalisé en partenariat avec le Digital Tourism Think Tank, ce rapport fait état de l'adoption de l'intelligence artificielle ou bien encore des enjeux RSE dans le secteur.
Basé sur les retours de près de 300 organisations de marketing de destination, services gouvernementaux et entités touristique à travers le monde, le rapport "State of Destination Marketing 2024" revient sur les dernières tendances et défis du secteur. Face à l'inflation et le contexte économique, près de 50% des personnes sondées estiment que cela a un impact significatif sur les stratégies mises en place et qu'une planification rigoureuse est nécessaire.
En premier lieu, l'IA va avoir une influence conséquente sur la façon dont les destinations commercialisent leurs produits auprès des voyageurs. Selon le rapport, le domaine de la création de contenu sera le plus impacté. "Un nombre croissant d'outils d'IA transforment les processus créatifs, du contenu long format aux posts sur les réseaux sociaux", est-il indiqué. Pour 40% des DMO (organisation de marketing de destination), l'IA représente un potentiel important pour l'analyse prédictive et la planification, 38 % pour l'analyse et l'interprétation des données et 37 % pour la personnalisation du contenu marketing. Cependant, 71% sont actuellement moins confiants et voient peu d'impact potentiel dans la capacité de l'IA à façonner la création de sites web, d'applications et de plateformes par leurs équipes, et 63% dans le marketing conversationnel. Contacté par la rédaction, Cédric Lopez, directeur commercial Grand Compte chez Sojern, déclare qu'il n'existe pas réellement de disparités selon les zones géographiques, que cela soit en Europe ou Etats-Unis sur le sujet. Selon lui, les thématiques les plus marquées sont celles autour des chatbots, la personnalisation du contenu et les compagnes personnalisées. Pour l'IA générative, la tendance arrive progressivement, notamment pour pousser la personnalisation à son maximum et améliorer l'expérience client.
Le groupe Meta a encore la cote
Du côté des investissements, la priorité se porte sur les médias numériques payants et sur les médias sociaux. Instagram et Facebook restent en tête lorsqu'il s'agit de prioriser les investissements dans les médias et le contenu, avec respectivement 45% et 35% de toutes les personnes interrogées classant le groupe Meta comme le canal le plus important selon eux. Concernant TikTok, seulement 5% des personnes interrogées considèrent ce canal comme étant le plus important.
Le défi de la récolte et exploitation des données
Pour la stratégie autour des données et de la protection de la vie privées, le manque d'intégration des données entre les canaux est le premier frein à une stratégie marketing réussie (52%), devant le coût élevé de l'acquisition des données (46%) et l'accès limité à des données de qualité (42%). L'abandon par Google des cookies tiers étant prévu pour la mi-2024, 37 % des répondants ont signalé que cela aurait un impact significatif, tandis que 15 % seulement ont déclaré que ces changements ont un faible impact sur leurs stratégies actuelles. Pour atténuer les effets de ce changement, 60% des DMO prévoient de se concentrer sur le contenu social et 58 % accordent la priorité à l'obtention de davantage de données de première partie.
L'Europe, championne en matière de RSE
Enfin, sur le sujet de la RSE, l'Europe est en avance par rapport aux Canadiens ou Américains. Au sein des DMO européennes, la RSE est une priorité et cela concerne à 62% la lutte contre le réchauffement climatique et à 56% pour la biodiversité, contre respectivement 29 et 8% outre-Atlantique et 24 et 33%. Sur l'aspect diversité sociale et durabilité, la priorité est portée sur l'égalité des sexes, l'accessibilité des personnes handicapées et les stratégies spécifiques aux LGBTQ+.
Photo d'ouverture : @Pietro De Grandi