Avide d’authenticité, de gaming et d’expérience, la génération Z représentera un tiers de la population active en France d’ici 2030. Les acteurs du secteur doivent dès à présent comprendre leurs besoins et attentes en termes de tourisme.
La génération Z englobe les personnes nées à entre la fin des années 1990 et la fin des années 2000. Aux Etats-Unis, elle représente un quart de la population, tandis qu’en France elle atteindra le tiers de la population active d’ici 2030. Des futurs touristes, des futurs acteurs du tourisme, mais aussi des futurs acteurs du territoire qu’il faut comprendre pour mieux les capter.
Qui est la gen Z ?
Pour François-Xavier Goemaere, cofondateur de WYTLAND, la gen Z est plus encline à dépenser de l’argent pour vivre des expériences que pour améliorer le confort de son quotidien. « Elle ne veut pas acheter de voiture, elle veut découvrir le monde », a-t-il déclaré lors des Rencontres Nationales du Etourisme à Pau. Elle est avide d’authenticité et veut pouvoir vérifier qu’une marque dit vrai dans les valeurs qu’elle véhicule. La diversité est importante pour cette génération et elle attend de l’inclusion. Dans un contexte d’urgence climatique, elle est bien sûr consciente des enjeux environnementaux et attend des acteurs du tourisme qu’ils agissent en la matière.
Aujourd’hui, 74% des membres de cette génération utilisent TikTok pour effectuer une recherche plutôt que Google. Elle n’est pas contre la publicité, mais attend que celle-ci soit personnalisée. L’esprit communautaire est important pour la génération Z et cela se traduit aussi par son appétence pour les jeux vidéo. C’est pourquoi elle aime être récompensée lorsqu’elle donne des informations sur son parcours digital. « Le navigateur Brave repose sur la blockchain et s’inscrit bien dans cette dynamique. Il rémunère les internautes lorsqu’ils sont exposés à de la publicité », a complété Guillaume Cromer, Directeur d’ID-Tourism lors des ET19.
Une vie digitale aussi intense que la vie réelle
La génération Z veut vivre le même genre d’expérience dans la vie virtuelle que dans la vie réelle. « J’adorais collectionner des badges que je cousais sur mon sac à dos quand j’étais plus jeune. Aujourd’hui, l’équivalent est le NFT », explique François-Xavier Goemaere.
Il existe 4 types de NFT : le NFT souvenir (qui sert à dire « j’y étais »), le NFT fidélité (qui donne des avantages à son détenteur), le NFT for good (qui reverse des fonds à un organisme associatif) et le NFT quest (qui peut faire gagner des récompenses). Tous ces assets numériques permettent de toucher et de fidéliser la génération Z. WYTLAND a par exemple travaillé avec l'office de tourisme de Dunkerque pour créer la première série de NFT dans le cadre de la coupe de monde de kitesurf freestyle.
Les mondes virtuels en 3D (que l’on n'appelle plus métavers en raison d’une hype en berne) peuvent aussi être des lieux intéressants pour donner envie de venir dans une destination et d’animer une communauté selon le cofondateur de WYTLAND. « C’est tout simplement la spatialisation d’un site internet. On peut y insérer des liens de réservation, mais aussi des éléments de personnalisation pour les avatars », a-t-il développé. Selon lui, ces espaces virtuels ne doivent pas être des jumeaux numériques, des « copies » des destinations, mais des lieux où il est possible de jouer à des jeux, de retrouver une communauté, de vivre des expériences uniques. En cela, ils permettent d’inspirer l’utilisateur et lui donner envie de revenir sur cet espace.
C’est au territoire de faire connaître son monde virtuel en 3D, de la même manière qu’il va mettre en avant son site internet ou animer ses pages sur les réseaux sociaux. « Les évènements sont l’occasion de mettre en avant ces espaces », a déclaré François-Xavier Goemaere.