Dans le cadre de l’exposition « Van Gogh à Auvers-sur-Oise, Les derniers mois », consacrée à l’artiste néerlandais, le musée d’Orsay propose quatre créations numériques autour du Web3, de la réalité virtuelle, de la 3D et de l’IA. Des expériences inédites pour le musée, qui lui permettent d’attirer un plus large public.
Pour son exposition « Van Gogh à Auvers-sur-Oise, Les derniers mois », le musée d’Orsay a voulu mettre les petites technologies dans les grandes. Cette exposition, organisée avec le musée Van Gogh d’Amsterdam, est consacrée aux œuvres produites par l’artiste durant les deux derniers mois de sa vie. Jamais aucun musée n’était revenu sur cette période de sa vie, bien qu’il ait produit pas moins de 73 tableaux et 33 dessins dont certains très connus comme Le Docteur Paul Gachet ou L’Eglise d’Auvers-sur-Oise.
Une immersion inédite qui devait s’accompagner d’un saut technologique pour le musée d’Orsay. Après deux ans de réflexion, le 6e musée mondial en termes de fréquentation a choisi de compléter l’exposition avec deux outils de médiation numériques et deux produits innovants à acheter en boutique. Des expériences qui pourront être proposées hors les murs à la fin de l’exposition, prévue le 4 février 2024.
La palette de Van Gogh en réalité virtuelle


Le premier outil de médiation est une expérience en réalité virtuelle développée par Lucid Realities et Tournez s’il vous plaît en co-production avec le musée d’Orsay et VIVE Arts. Intitulée « La palette de Van Gogh », elle propose un voyage dans les peintures de l’artiste mais aussi dans la peinture au sens propre, puisque l’utilisateur découvre la palette que l’artiste a utilisé pour achever le portrait de la fille de son ami le Docteur Gachet. Quelques brefs moments d’interaction permettent de « jouer » avec la matière et comprendre ainsi les variations de couleur.
Une expérience plus émotionnelle que scientifique et qui a demandé un an d’élaboration. Une version plus longue, comprenant d’autres œuvres de l’artiste, est en cours de développement en vue d’une diffusion mondiale après la fin de l’exposition.
Converser avec Van Gogh grâce à l’IA
©TOM.travel
A la sortie de l’exposition, un autre outil de médiation attend le visiteur. La borne d’intelligence artificielle « Bonjour Vincent », conçue par Jumbo Mana, permet de converser avec le peintre. « Quel est ton tableau préféré ? », « Pourquoi avoir peint des racines le jour de ta mort ? », l’utilisateur peut poser un tas de questions à cette version virtuelle de Van Gogh. Pour pouvoir y répondre, l’intelligence artificielle se nourrit de lettres numérisées de la correspondance de l’artiste, ce qui permet de retranscrire sa personnalité et sa connaissance. Cette technologie a été présentée lors du salon Viva Tech 2023.
Les interactions avec Van Gogh s’amélioreront au fil des interactions avec les visiteurs. Wouter van der Veen, chercheur spécialiste de Van Gogh, prêtera bientôt sa voix à l’avatar pour encore plus de réalisme.
Des reproductions que l’on touche du doigt
S’il y a bien quelque chose de frustrant au musée, c’est qu’il n’est pas possible de toucher les œuvres. C’est pourquoi LITO a réalisé une épreuve blanche du tableau L’Eglise d’Auvers-sur-Oise réalisée avec sa technologie de scan 3D, de modélisation et d’impression brevetée. Au sein de l’espace de médiation, les visiteurs peuvent toucher du doigt cette reproduction dénuée de couleurs, mais qui permet de découvrir le relief et la texture du tableau du bout des doigts.
©TOM.travel
S’ils ont apprécié l’expérience, les visiteurs peuvent même repartir avec une des éditions limitées en relief de L’Eglise d’Auvers-sur-Oise (en couleurs cette fois) et de La Chambre de Van Gogh à Arles proposés à la boutique. Proposées à partir de 750€ et jusqu’à 4 500€ en fonction de la dimension, ces reproductions donnent l’impression que les coups de pinceaux ont été réalisés par l’artiste en personne.
Mais LITO l’affirme, le but n’est pas de faire croire qu’il s’ait d’un vrai tableau, pour des raisons légales évidentes. C’est pourquoi les dimensions des reproductions ne sont jamais identiques aux tableaux originaux.
Des souvenirs digitaux sous forme de NFT
Toujours à la boutique, les visiteurs peuvent acquérir des souvenirs digitaux. Pour cela, ils scannent un QR Code qui les renvoie vers une boutique où ils peuvent acheter un NFT. Deux souvenirs sont proposés : « la palette de Van Gogh » proposé au prix de 8,90€ et édité à 10 000 exemplaires et « Musée d’Orsay étoilé » proposé au prix de 20€ et édité à 2 300 exemplaires.
Le souvenir digital "La palette de Van Gogh"
En plus d’acquérir un souvenir numérique, les détenteurs de ces NFT créés par la startup KERU et la Fondation Tezos pourront bénéficier de réductions en boutique et gagner des invitations à des vernissages ou des dîners aux restaurants du musée d’Orsay.
Un moyen de garder le contact avec les détenteurs de ces souvenirs, puisque le musée crée une communauté avec laquelle il peut interagir, mais aussi de développer une autre source de financement. Le partenariat avec Tezos, qui va s’étaler sur un an, prévoit d’autres créations autour du Web3 dans les mois à venir.
Attirer un nouveau public
Pour Guillaume Roux, Directeur du développement et des relations internationales au musée d’Orsay et musée de l’Orangerie, ces nouvelles expériences de gamification et de ludification permettent d’attirer un public qui ne connaissait pas ou ne s’intéressait pas au célèbre peintre hollandais. Au-delà du travail scientifique et technique réalisé, l’idée est de rendre la Culture plus accessible.