Lancé en 2016 par le géant du e-commerce chinois Alibaba, Fliggy est un site de réservation touristique qui se veut être un guichet unique pour la clientèle chinoise. Après plusieurs années de baisse d’activités en raison de la Covid-19 et de la fermeture des frontières, l’entreprise souhaite renouer le lien avec les acteurs touristiques et culturels européens à l’approche de grands rendez-vous sportifs tels que la Coupe du monde de rugby ou les Jeux Olympiques de 2024. Nous avons interrogé Ada Xu, Regional Director EMEA chez Fliggy, à l’occasion du salon VivaTech, pour mieux connaître ses ambitions.


Fliggy est une plateforme de services de voyages en ligne qui rassemble plus de 400 compagnies aériennes et agents de voyage, plus de 8 000 lieux pittoresques, plus de 600 000 hôtels et auberges ainsi que des centaines de milliers d’activités. Nous sommes à la fois une plateforme de réservation et d’inspiration et nous proposons des services administratifs. Nous vendons principalement des voyages pour la Chine, mais aussi des voyages internationaux, notamment dans la zone APAC (Asie Pacifique, ndlr). Notre clientèle est majoritairement féminine et jeune. Nous attirons notamment beaucoup de « key opinion leaders » et de « key opinion consumers », des influenceurs qui veulent voyager et partager leur expérience à leur communauté. Pour l’inspiration, nous voulons travailler avec des offices de tourisme européens afin de faire découvrir les destinations. Les Chinois ne connaissent pas forcément l’Europe dans ses particularités. Ils cherchent avant tout à vivre une expérience plutôt que de se rendre dans un endroit donné. Après chaque voyage, nous envoyons un formulaire d’avis afin d’évaluer le niveau de satisfaction de nos voyageurs, cela permet d’enrichir la plateforme. Nous possédons également un service dédié à la délivrance de visa, ce qui facilite la vie de nos clients.
Vous avez développé des visites virtuelles, notamment de sites culturels français, pendant la crise sanitaire. Comptez-vous les développer à l’avenir ?
Ces visites virtuelles ont permis de garder un lien entre les voyageurs et les destinations. Nos clients ont pu gratuitement découvrir le Château de Versailles, le British Museum, le Louvre, le Colisée de Rome, entre autres. Cela a permis de faire découvrir l’Europe aux Chinois qui ne connaissaient pas et de donner envie aux autres d’y retourner. Mais ces visites demandent du temps et de la ressource. Elles ont été financées à 100% par Alibaba. Désormais, nous voulons reprendre le concept mais sous une autre forme. Nous voulons inviter les destinations et musées à proposer des vidéos courtes, comme sur TikTok, sur notre plateforme Taobao où il est possible à la fois de visualiser des vidéos et d’acheter toutes sortes de produits. Nous sommes un site de réservation, mais aussi une plateforme technologique. C’est pourquoi nous cherchons à apporter des solutions technologiques aux destinations selon leurs besoins. Nous sommes également partenaires de l’entreprise Rokid qui propose des visites en réalité augmentée dans les lieux culturels et souhaitons proposer cette expérience en Chine. Pour les prochains rendez-vous sportifs en Europe, notamment la Coupe du monde de rugby et les Jeux Olympiques de 2024, nous travaillons sur des packages avec les acteurs touristiques afin que touristes comme professionnels y trouvent leur compte.
En France, l’offre du tourisme durable s’élargit progressivement. Y a-t-il une préoccupation chez les voyageurs chinois ?
Il y a des changements d’habitude. Nous avons notamment observé une appétence pour des voyages en camping-car en groupe. Les clients veulent découvrir des villages ruraux et consommer des produits locaux.
Des voyages en camping-car, ce n’est pas très durable...
En tout cas, cela crée une nouvelle offre et donc de l’emploi. Nous travaillons avec l’Organisation mondiale du tourisme afin de développer un label village. Nous avons des projets avec différents organismes pour avancer sur ces sujets. Mais nous sommes une plateforme de réservation, nous comptons surtout sur les efforts fournis par nos partenaires, majoritairement des grands groupes, pour développer cette offre.
