Avec l’explosion de l’intelligence artificielle générative, la manière d’effectuer des recherches est en train de se transformer considérablement. Comment s’adapter à cette nouvelle donne et adopter le SEO boosté par l’IA, en particulier dans le tourisme ?
Vous connaissez le SEO (search engine optimization), mais connaissez-vous le SAIO (search artificial intelligence optimization) ? Cet acronyme n’existe pas vraiment, mais désigne l’arrivée de l’intelligence artificielle générative (une IA capable de générer du contenu basé sur des informations glanées dans une base de données) dans le domaine de la recherche sur Internet. Cette utilisation de l’intelligence artificielle, démocratisée par l’outil ChatGPT développé par OpenAI, est en train de faciliter la vie des internautes, ou du moins de leur faire économiser du temps et de l’énergie.
Sur les moteurs de recherche et sur les sites de réservation, il suffira désormais de formuler une requête moyennement complexe pour obtenir ce que l’on cherche, plutôt que de parcourir une dizaine de sites. « ChatGPT va tuer le moteur de recherche tel qu’on le connaît depuis 20 ans », estime même Raphaël Zier, Co-fondateur de PerfectStay, dans un entretien pour TOM.travel. Dans le voyage, des marques comme Expedia, Kayak ou Transavia expérimentent la technologie dans ce sens.
Derrière ces IA se pose la question des données. Celles-ci sourcent leurs informations principalement sur Internet (via les sites, réseaux sociaux, avis, etc.) pour répondre à une requête. Elles peuvent remercier Google qui a préparé le terrain depuis plus de 20 ans. Cela veut dire qu’en plus d’être bien référencé pour Google, il faudra désormais être bien référencé pour les IA. Comment alors être « choisi » par ces nouveaux outils ?
L’art de la guerre de la donnée
Daniel Doppler, Président de Quicktext, préfère utiliser le terme de « SEO boosté à l’IA ». Et selon lui, les entreprises du tourisme ne vont plus mener une guerre du prix, mais une guerre de la donnée. « Ce n’est pas le meilleur prix garanti que les sites afficheront, mais la meilleure donnée garantie », lance-t-il. Pour donner du bon grain à moudre à l’IA, il y a plusieurs étapes à respecter selon lui.
La première est d’identifier les questions que les internautes se posent sur votre entreprise. Dans l’hôtellerie, ces questions tournent souvent autour de l’heure du check-out, des horaires d’ouverture de la piscine ou du petit-déjeuner. Ces questions peuvent différer en fonction de la nationalité des internautes. « Notre chatbot Velma prend par exemple en compte 1 100 points d’informations. Il est capable de savoir s’il y a des prises USB-C dans les chambres », détaille Daniel Doppler. Ce niveau de détails est important, car il va empêcher l’intelligence artificielle générative de combler le vide en donnant une réponse approximative voire fausse. Avec le conversationnel, le nombre de questions potentielles est illimité. Il vaut mieux s’y préparer.
La deuxième est de mettre à jour régulièrement ces informations sur tous ses canaux, que ce soit sur son site internet, ces réseaux sociaux ou chatbots. « On appelle cela les données structurées dynamiques », précise le président de Quicktext. Et ces données fraîches comme la rosée du matin sont particulièrement appréciées par Google et les IA. Il existe tout de même un risque : celui d’en donner trop à ces outils et ainsi perdre du trafic sur son propre site internet. C’est pourquoi Daniel Doppler conseille de répondre à 20 questions, pas plus. « Les hôteliers donnent déjà beaucoup d’informations à Booking et consorts gratuitement. Ils alimentent la concurrence. Il faut garder un niveau de précision de réponse pour son propre site », continue-t-il.
Demain, de l’optimisation pour les avatars ?
Pour le président de Quicktext, si ces conversations deviennent orales, cela va demander davantage d’optimisation. « Dans un tchat, on fait appel à 90% à de l’IA conversationnel et 10% d’IA générative. A l’oral, ça sera plutôt 80% d’IA générative et 20% de conversationnel car il n’y aura pas l’aide de photos ou de liens et il faudra faire des phrases plus complètes », explique-t-il. Cela ne veut pas dire que ces avatars doivent adopter un style littéraire ou faire de l’humour. « Les utilisateurs veulent des réponses courtes. Il faudra toujours combattre les mots au maximum », conclut Daniel Doppler.
Photo d'ouverture : Damian Zaleski