L’inflation va-t-elle entraîner une hausse des prix chez Orchestra et SpeedMedia ?

Amorcée en 2021, l’inflation touche particulièrement les entreprises IT, dont les besoins en énergie et en infrastructures informatiques sont importants.

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JL

Julia Luczak-Rougeaux

25 avril 20234 min de lecture

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© Leif Christoph Gottwald

Amorcée en 2021, l’inflation touche particulièrement les entreprises IT, dont les besoins en énergie et en infrastructures informatiques sont importants. Comment se traduit-t-elle pour des sociétés technologiques* telles qu’Orchestra et SpeedMedia ? Une hausse des prix est-elle à prévoir pour leurs clients ? Nous leur avons posé la question.

Selon une enquête menée par la Banque de France, la médiane de l'inflation perçue par les chefs d'entreprise française se situe à 6 % au premier trimestre 2023. Un taux d'inflation qui devrait se situer entre 2 % et 3 % à 3-5 ans. Pour les entreprises technologiques, plusieurs facteurs viennent augmenter les coûts des infrastructures selon Laurent Briquet, Directeur du développement du Groupe Resaneo-SpeedMedia :

  • L’indice Syntec, qui sert à mesurer l'évolution du coût de la main d'œuvre, essentiellement de nature intellectuelle, a augmenté d’environ 8% depuis deux ans.
  • Les coûts liés au cloud ont augmenté de plus de 30%
  • Les coûts des datas centers ont augmenté de plus de 14%
  • L’hébergement web a quant à lui augmenté de plus de 10%

Chez Orchestra, Gemma Cobo Cuenca, Directrice des opérations, observe également une hausse des prix dans trois domaines : l’énergie, l’humain et les licences. « Tous les maillons de la chaîne sont touchés », précise-t-elle avant d’ajouter : « La pénurie de main d’œuvre n’est pas à négliger. Il manquait 250 000 ingénieurs en Europe avant la Covid-19. Aujourd’hui, il faudrait un million d’ingénieurs pour répondre aux besoins d’interconnexion et de sécurité ».

Cette inflation et cette pénurie de main d’œuvre ne s’alignent pas avec le développement de l’intelligence artificielle, très gourmande en termes de capacités informatiques, ni avec l'impératif de transformation du secteur, selon Laurent Briquet. « A l’heure où il est demandé aux entreprises de se digitaliser, les budgets sont en baisse et les projets sont en berne », déclare-t-il.

Chez SpeedMedia, l’occasion de tout repenser

Pour la société SpeedMedia, 2023 est l’année de la remise à plat. C’est aussi l’année des 20 ans du groupe. La crise sanitaire et l’inflation en toile de fond l’ont poussé à revoir son modèle économique, mais aussi sa stratégie et son fonctionnement. « On aurait pu simplement augmenter nos prix, mais nous avons voulu procéder différemment. C’est pourquoi nous nous donnons un an pour développer de nouvelles offres, de nouveaux outils et de nouveaux tarifs », explique le Directeur du développement du groupe. Pour effectuer cette transformation, la société a annulé la moitié de ses contrats.

Cette modernisation va passer par plusieurs chantiers. D’abord, la modernisation du tunnel de réservation qui sera plus moderne, plus graphique. Un outil qui sera plus pratique pour les tour-opérateurs qui veulent composer des voyages plus flexibles. « Il sera possible de construire dynamiquement du transport et l’offre terrestre », illustre Laurent Briquet.

Le deuxième chantier concerne la connexion avec Orchestra qui permettra aux agences d’accéder à davantage de contenu. Le troisième chantier va consister à créer des modules et plugins pour des CMS tels que Wordpress et Wix afin de permettre aux agences qui possèdent déjà un site internet d’intégrer la technologie.

« Tous ces investissements se traduiront par une hausse du prix de l’abonnement, mais nos clients profiteront d’outils plus modernes et efficaces », conclut Laurent Briquet.

Chez Orchestra, l’occasion d’aller vers plus de sobriété énergétique

« Nous n’allons pas renégocier tous nos contrats, d’autant que leur durée est régulée », affirme de son côté Charles Tandonnet, VP Sales & Marketing d’Orchestra, « Et au moment où la renégociation aura lieu, c’est la valeur que l’on génère qui pèsera dans la balance, plus que l’inflation ». La société technologique a fait le choix de réduire au maximum l’impact de l’inflation et de la pénurie de main d’œuvre. « C’est un nouvel état de fait auquel il va falloir s’adapter dans les prochaines années », ajoute-t-il.

Pour palier à la hausse du coût de l’énergie, Orchestra veut continuer sa stratégie de réduction de la consommation énergétique et carbone. Pour cela, la société modifie sa configuration, ses serveurs et effectue des études pour rendre ses équipements plus performants et moins gourmands en électricité. La particularité d’Orchestra est qu’elle possède son propre cloud et ses propres serveurs. « L’objectif est de ne pas paniquer et de travailler plus efficacement dans l’environnement complet », explique Gemma Cobo Cuenca.

L’inflation est donc l’occasion d’aller vers plus de sobriété énergétique. « Lorsque sur la balance le coût de l’énergie augmente par rapport à la valeur des infrastructures, l’intérêt d’investissement dans des machines qui consomment moins est plus évident », commente Charles Tandonnet. « C'est l'occasion également d’être plus créatif », ajoute Gemma Cobo Cuenca.

*contactée par la rédaction, la société Amadeus n'a pas souhaité prendre la parole sur le sujet

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