« Les offres de tourisme durable en France ne doivent pas être réservés qu’aux Français »

Dans le secteur du tourisme durable, la concurrence se fait rude.

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JL

Julia Luczak-Rougeaux

13 avril 20233 min de lecture

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© Ophélie Authier

Dans le secteur du tourisme durable, la concurrence se fait rude. Nombreuses jeunes entreprises se lancent sur ce marché alors que l’offre est en pleine structuration. C’est pourquoi MooVert, plateforme de réservation de séjours respectueux de l’environnement, a décidé de s’adresser aux étrangers quand beaucoup cible les touristes français. Explications avec Pier Tognazzini, fondateur de la startup lancée il y a 6 mois seulement.

Que propose Moovert ?

Pier Tognazzini, fondateur de MooVert

MooVert est une plateforme de réservation d’hébergements et d’activités éco-responsables et authentiques en France. Nous cherchons à nous rapprocher des acteurs qui valorisent leur territoire tout en respectant l’environnement. Nous avons développé un algorithme avec le label Clef Verte et Bienvenue à la ferme qui permet d’évaluer les hébergements et les activités afin de leur donner une notation en pommes de pin. Cette évaluation informe les voyageurs sur le niveau d’éco-responsabilité, d’authenticité, de contribution au développement local et patrimonial, de confort et de services proposés. Pour la partie activités, nous avons noué un partenariat avec Ty-Win afin de pouvoir combiner hébergements et excursions. Nous accompagnons également les acteurs touristiques dans leur transition écologique.

Quelle est votre valeur ajoutée par rapport à d’autres acteurs du secteur tels que GreenGo, Fairmoove, We Go GreenR, pour ne pas les citer ?

Ces entreprises s’adressent aux Français qui souhaitent voyager en France ou à l’étranger. Nous, nous adressons en majorité aux touristes étrangers. C’est une clientèle que l’on adresse peu sur ce segment car on se dit que comme ils ont pris l’avion, leur empreinte carbone est déjà trop importante. Mais pour moi, les offres de tourisme durable en France ne doivent pas être réservés qu’aux Français. La clientèle étrangère peine à trouver un petit producteur de miel en Provence ou un vigneron en Bourgogne, des producteurs locaux et des hébergements à taille humaine. C’est pourquoi notre plateforme est traduite en 11 langues différentes et met l’accent sur l’authenticité française. Un Français ne sera pas intéressé par la confection d’une blanquette de veau par exemple, car il connaît la recette. En revanche, cela va éveiller la curiosité d’un japonais.

Difficile de se faire connaître par la population étrangère... Quelle est votre stratégie d’acquisition et votre modèle économique ?

Nous participons à des salons internationaux grâce à l’accompagnement d’Atout France et de Business France. Nous nous sommes rendus récemment au CES Las Vegas et à l’ITB à Berlin par exemple. Nous comptons également sur l’appui des comités régionaux de tourisme et sur le label Clef Verte qui parle de nous à ses nouveaux adhérents. Notre modèle économique repose sur la commission. Celle-ci est déterminée en fonction du prix de vente de notre partenaire. Nous demandons également une adhésion mensuelle, une « économie participative » sans engagement afin de nous aider dans l’acquisition de touristes à l’étranger.

Le gouvernement veut faire de la France la première destination mondiale pour le tourisme durable d'ici 2030. Pensez-vous que nous sommes en bonne voie ?

Je pense qu’il y a un enjeu de collaboration majeur dans cette ambition. Le monde de l’entreprise ne s’en sortira pas sans l’appui du monde institutionnel. Le public et le privé doivent agir ensemble en incluant le monde associatif qui gravite autour des territoires. Il faut davantage de partage de connaissances, d’opérations commerciales et marketing afin de créer des ambassadeurs à l’étranger. C’est un fait, les étrangers qui viennent en France, quand ce n’est pas pour la première fois, recherchent de plus en plus d’offres liées au tourisme génératif. Il faut prendre en compte cette évolution des attentes.

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