Lors des Rencontres Internationales du Tourisme, deux spécialistes du Moyen-Orient sont revenus sur le développement des mégas projets dans cette zone géographique et en particulier sur le nouveau site touristique AlUla.
Neom, Red Sea Global, Jubail Island, AlUla... plusieurs méga projets sortent de terre ou de l’eau en Arabie Saoudite et aux Emirats arabes unis. Comment créent-ils une nouvelle dynamique touristique au Moyen Orient et comment les entreprises françaises peuvent s’y greffer ? C’est la question à laquelle Karim Mekachera, Directeur Régional Atout France Moyen-Orient et Turquie et Nicolas Lefebvre, Directeur Tourisme & Hospitalité chez Afalula, ont répondu lors de la première édition des Rencontres Internationales du Tourisme il y a quelques jours.
« Il y a une révolution dans certains pays de la région », a commencé par lancer Karim Mekachera avant de rappeler quelques chiffres. En 1992, les Emirats arabes unis accueillaient 400 000 touristes. En 2019, juste avant la Covid-19, ils étaient 17 millions. « Il y a un réel effort en termes d’infrastructure et une puissance marketing de la part de ces destinations », a-t-il ajouté. Mais en Arabie Saoudite aussi, on pense à l’après pétrole. C’est pourquoi d’ici 2030, le Royaume souhaite que le tourisme contribue pour environ 10% à son PIB. Le projet AlUla, une oasis de la province de Médine au nord-ouest de l'Arabie saoudite, s’inscrit dans cette stratégie.
Une destination créée de zéro
Afalula est l’agence française de promotion de cette nouvelle destination. Un partenariat entre la France et l’Arabie Saoudite initié par le président Emmanuel Macron et le prince Mohammed ben Salmane en 2018. La particularité d’AlUla ? C’est une destination qui part de zéro car le tourisme n’y existait pas. « Rappelons que le premier visa touristique pour l’Arabie Saoudite a été délivré il y a quatre ans seulement », a déclaré Nicolas Lefebvre. Mais pour lui, il s’agit plutôt d’un avantage qu’un inconvénient : « En créant une destination d’une page blanche, nous pouvons éviter les écueils du passé et capitaliser sur l’expérience des acteurs du tourisme ». La destination se veut ainsi irréprochable en matière de tourisme durable. Elle mise également sur la maîtrise des flux en utilisant la technologie afin de ne pas tomber dans les travers du surtourisme. Pour Nicolas Lefebvre, des opportunités d’export existent dans le domaine des transports et notamment dans la mobilité douce pour les entreprises françaises.
« Ce genre de projets arrivent tard, mais permettent de profiter immédiatement de toutes les innovations technologiques », a complété Karim Mekachera. En revanche, la mise en marché est peut-être en décalage avec l’avancée des infrastructures selon lui. « Il y a une contradiction entre l’image verte et cette volonté de construire vite », a-t-il déclaré. La promesse marketing se traduira-t-elle concrètement dans ces méga projets ? Il faudra attendre 2030 pour le savoir.