Lors des Rencontres Internationales du Tourisme, plusieurs experts sont revenus sur les tendances technologiques et touristiques en Europe. L’occasion de faire un point sur les problématiques actuelles des entreprises touristiques européennes et les attentes des voyageurs en termes de numérique.
L’intelligence artificielle avec ChatGPT, le métavers avec Meta et ses ambitions déçues, la souveraineté des données avec la création d’une base de données européennes... Plusieurs tendances technologiques impactent le secteur du tourisme actuellement. Mais qu’en est-il des attentes des voyageurs européens en matière d’expérience touristique et quelles sont les pistes de collaboration qui existent aujourd’hui en Europe ? Des réponses ont été apportées lors d’une table-ronde qui s’est tenue dans le cadre des Rencontres Internationales du Tourisme organisées par Business France il y a quelques jours.
Pour Edouard Du Coudray Wiehe, International Partnership Manager de Startup Turismo, une association italienne qui accompagne les jeunes entreprises dans le secteur, il est difficile pour les startups de grandir au niveau européen car elles sont nombreuses à se positionner sur le même créneau à échelle locale ou nationale. Parmi les startups accompagnées par l’association, on trouve par exemple une jeune pousse qui propose des visites virtuelles des villes en direct réalisées par des experts locaux, une startup qui propose de faciliter et de digitaliser la réservation de groupe, une jeune pousse qui aident les communes à attirer les travailleurs nomades ou une autre spécialisée dans le cyclotourisme. Des sujets que l’on retrouve en effet dans les incubateurs et accélérateurs français.
Selon Nicolas Martiquet, Head of Destination Expériences chez Amadeus, c’est du côté de la distribution des activités que s’opère un réel changement pour le secteur. « C’est une révolution pour les entreprises du voyage puisque la vente d’activités améliore le taux de conversion, crée une conversation entre deux voyages et fidélise ainsi les clients », a-t-il expliqué sur scène. Cela favorise également la collaboration entre acteurs touristiques qui peuvent mutualiser les campagnes marketing et peuvent profiter des retombées économiques d’un séjour plus long. L’analyse de données et l’usage de l’intelligence artificielle permettent de pousser des offres d’activités adaptées aux voyageurs et améliorent la satisfaction et la conversion.
Derrière l’intelligence artificielle, la personnalisation
L’intelligence artificielle est également intéressante dans le packaging de produits touristiques selon James Dixon, CEO de la société suédoise Visit Group. En croisant une multitude de données, elle permet d’aider à la planification d’un voyage afin de créer une offre sur-mesure. L’IA peut également être utilisée dans une optique de revenue management, afin de proposer le bon prix au bon moment en fonction de plusieurs critères selon lui. « Cela a une importance dans les pays scandinaves, car les habitants sont particulièrement à l’aise avec le numérique, ils sont des 'early adopters'. Il n’y a presque plus d’agences de voyage physiques », complète James Dixon.
Cette demande de personnalisation de la part des voyageurs, Moritz Feninger, Executive Director chez MACK One France, filiale de la maison mère d’Europa Park, l’observe en Allemagne dans le parc d’attractions. « Europa Park génère énormément de données, c’est comme un grand data center à ciel ouvert », a-t-il lancé sur scène. Mais le parc parvient difficilement à comprendre le comportement des visiteurs, d’où ils viennent et à évaluer les flux, faute de partenariats et de solutions adéquates. « Toutes les solutions qui existent aujourd’hui sont américaines. Il y a un réel sujet autour de la souveraineté des données et autour du partage de données entre acteurs touristiques. Nous pourrions par exemple collaborer avec la Forêt-Noire qui est à proximité ou avec d’autres villes aux alentours. Nous aurions tout intérêt à travailler tous ensemble », a-t-il conclu à la fin de la table-ronde.