Lors de l’évènement Voyage au Centre de la Tech, plusieurs lieux touristiques et entreprises technologiques sont venues présenter leurs initiatives. Leur but ? Utiliser la technologie pour immerger les visiteurs à travers des expériences originales et leur donner envie de revenir.
Le 7 mars dernier se tenait la première édition du Voyage au Centre de la Tech en direct de Lens. Organisée par Pas-de-Calais Tourisme avec le soutien du Programme INTERREG V France Manche Angleterre C-Care, cette journée a été l’occasion de revenir sur l’utilisation des technologies pour inspirer les professionnels du tourisme et les encourager à s’emparer des meilleures pratiques. Plusieurs initiatives ont attiré notre attention.
@Nausicaa
La première a été menée par l’aquarium Nausicaá situé à Boulogne-Sur-Mer. L’aquarium propose depuis plusieurs mois l’expérience « Grand Large » en réalité augmentée réalisée en collaboration avec la société Saola. Les visiteurs, équipés de casque Microsoft HoloLens 2, peuvent voir apparaître requins-baleines, tortues et espadons lorsqu’ils se positionnent devant la Grande Baie de 100m2 et interagir avec les animaux marins. Un dispositif qui a demandé un investissement d’un million d’euros et 8 mois de production dont 2 mois de recherche.
« Une fois que le visiteur a le casque sur la tête et qu’il est immergé, il oublie sa présence. C’est une technologie utile car elle est au service d’un message. Le spectateur est aussi acteur puisqu’il doit libérer un poisson d’un cordage. Cela permet de rendre l’expérience encore plus marquante », a expliqué Florence Blond, Directrice Projets et Expositions chez Nausicaá.
L’expérience est comprise dans le prix d’entrée de l’aquarium et peut ainsi être testée par 600 personnes par jour environ. Elle a vocation à être permanente.
Le potentiel du Web3 pour le tourisme
@Wytland
Cette idée du visiteur acteur a été reprise par François-Xavier Goemaere, cofondateur de Wytland, société spécialisée dans le Web3 pour le secteur du tourisme. Il a expliqué que dans le Web3, il sera possible de s’informer, de partager et d’acheter mais dans une posture davantage pro-active et dans un environnement 3D, le métavers. « La Gen Z veut vivre une vie digitale intense, tout en étant récompensée pour son engagement envers les marques », a-t-il complété. C’est pourquoi la jeune pousse a signé un partenariat avec l’office de tourisme de Dunkerque afin de créer une collection de NFT. Créés par des artistes locaux, ces NFT donnent des avantages exclusifs sur le territoire.
Le cofondateur a dévoilé en direct les premières images du métavers développé par Wytland qui permet aux destinations touristiques et aux créateurs de contenus voyages de construire facilement des communautés en ligne. « Les générations actuelles ont grandi avec des jeux vidéo et adorent les expériences digitales immersives. Pourquoi ne pas les appliquer dans le secteur du tourisme pour mieux les attirer et les fidéliser ? » a-t-il lancé.
Des récits immersifs pour raconter le vivant
Le festival d’art numérique à Noirmoutier a quant à lui fait appel au savoir-faire de la société Onyo, spécialisée dans les récits immersifs, afin de créer des bulles de déconnexion.
La jeune société utilise le son binaural qui permet d’envelopper l’auditeur et lui donne la sensation d’être tout près des personnages. Pour l’expérience « L’arbre-Soleil », les visiteurs entrent dans une yourte, s’assoient devant un arbre lumineux, s’équipent d’un casque et se laissent porter par l’histoire. « Nous avons repris les codes de la low-tech. C’est une manière différente de sensibiliser à l’écologie tout en utilisant une installation respectueuse de l’environnement », a expliqué Charlotte-Amélie Veaux, cofondatrice d’Onyo. « L’immersion ne passe pas nécessairement par la technologie », a complété Yann Garreau, cofondateur de la société.
Des robots pour proposer des visites à distance
Depuis 2017, le musée Louvre-Lens propose quant à lui des visites à distance grâce à l’utilisation d’un robot de téléprésence, UBY. Développé avec Orange, le dispositif s’adresse à de nouveaux publics, empêchés ou distants. Le musée à déjà effectué des visites pour des classes scolaires, mais aussi pour des Ehpads et des centres hospitaliers de Lens. « L’idée est de proposer une visite active et à la carte », a décrit Loraine Vilain, Chargée de projets de médiation du musée.
Photo d'ouverture : Onyo