Dans le cadre de l’évènement Voyage au Centre de la Tech, nous avons interrogé Michaël Couzigou, Fondateur de New Art Experiences et ancien directeur de l’Atelier des Lumières afin d’en savoir plus sur son projet d'expositions immersives itinérantes qui devraient commencer à sillonner les routes de France dès le Printemps 2024.
Pouvez-vous nous en dire plus sur votre projet d'expositions immersives itinérantes ?
Les Immersive Art Box seront des salles immersives modulaires qui vont être itinérantes. Notre objectif est de démocratiser l'accès aux expériences immersives à un public qui n'a pas l'opportunité d'aller à Paris. Cette salle modulaire va être itinérante et s’installera au cœur de différentes villes de France. Avec l'Atelier des Lumières, on a découvert qu'il y avait une vraie appétence du grand public pour de nouvelles expériences culturelles, notamment au travers des Beaux-Arts. Mais ces expériences aujourd'hui sont quand même centralisées dans les grandes villes. A Paris, en ce moment, il y a quatre ou cinq expériences immersives en même temps. Mais quand on habite à Limoges, à Angoulême ou à La Rochelle, on n'a pas forcément la possibilité d'aller à Paris pour différentes raisons. Donc l'idée, c'est vraiment de créer un espace qui puisse permettre l'immersion avec de la projection, mais qui va être un espace itinérant et qui va rester un mois et demi, deux mois dans chaque ville pour proposer différentes expériences immersives.
Les sujets évoqués seront-ils les mêmes qu’à l’Atelier des Lumières ?
Les sujets que l’on veut aborder seront des sujets très grand public, évidemment. L'idée, est de rester sur des thèmes autour de l'Histoire, des sciences, autour de la nature, mais aussi autour de thèmes de société notamment autour du féminisme, autour des grands mouvements sociaux. L'idée est de raconter des histoires en immersion, ce qui demande aussi une réalisation particulière. Vous serez vraiment immergé dans l'image et dans le son, au centre de la salle. L'idée est de jouer sur ces sensations, sur les émotions. Cela demande aussi une nouvelle éducation à l'image. On va demander aux visiteurs de regarder différents murs, de regarder les images d'une manière différente. Et cela demande aussi une réalisation, une mise en scène spécifique sur laquelle nous sommes en train de travailler.
Les expériences touristiques et culturelles doivent-elles être nécessairement immersives pour marquer le public ?
Le côté technologique est très important. Aujourd'hui, la technologie nous permet notamment de faire revivre des bâtiments qui ont complètement disparu, de les faire visiter et de comprendre les processus de création. Sur des tableaux notamment, on peut expliquer la perspective à la Renaissance grâce à la technologie. Ce sont des outils éducatifs très forts, très puissants. Effectivement, cette technologie immersive va permettre d'attirer un public très large et notamment au niveau touristique. Mais l’immersif, l'immersion, passe aussi par d'autres canaux. Il n'y a pas que la technologie. Quand on crée un spectacle notamment, on peut inclure les spectateurs dans le spectacle. C'est une manière aussi d'être immersif. Et puis, il est possible de jouer aussi sur l'interactivité. Le public, aujourd'hui, n’est plus simple spectateur. Il est aussi un acteur de son expérience. Et je pense qu'au niveau du tourisme, au niveau des projets culturels, au niveau des projets dans le patrimoine, il y a une très grosse demande du public de participer, de jouer, d'être dans un esprit de gamification. Cela n’empêche pas le côté éducatif. Les deux peuvent vraiment être complémentaires et parfaitement se marier.
En quoi vos box itinérantes s’inscrivent-elles dans une démarche RSE ?
On veut effectivement, par le fait d'être itinérant, de pouvoir réutiliser évidemment toute la structure et de pouvoir en faire profiter le plus grand nombre. Ce n’est pas comme la construction d'un musée qui va rester longtemps sur une destination. On connaît aujourd'hui les difficultés de faire venir le public sur des bassins de population qui sont relativement réduits. Il y a donc un enjeu de durabilité, mais aussi d’exploitation. Nous nous inscrivons dans une démarche locale puisque nous embaucherons du personnel local en lien avec des associations de réinsertion. On va former des gens à l'accueil et d'une année à l'autre, quand on va revenir sur la destination, on pourra réembaucher à nouveau.