Comment le Steampunk peut-il valoriser le patrimoine des Hauts-de-France ?

Dans le cadre de l'évènement Voyage au Centre de la Tech, nous avons interrogé Caroline Soreau, Doctorante à l'Université Polytechnique Hauts-de-France et…

Nous suivre sur Google
JL

Julia Luczak-Rougeaux

8 mars 20233 min de lecture

Caroline Soreau
© Archives Travolution

Dans le cadre de l'évènement Voyage au Centre de la Tech, nous avons interrogé Caroline Soreau, Doctorante à l'Université Polytechnique Hauts-de-France et spécialiste du Steampunk, afin de savoir comment ce sous-genre de la science-fiction permet-il de valoriser le patrimoine des Hauts-de-France.

Qu’est-ce que le steampunk ?

Le steampunk, c'est une sorte de science- fiction qui se passe dans le passé. Plutôt que de se passer dans le futur, comme on en a l'habitude dans la science-fiction. C'est une science-fiction qui peut mêler aussi de la fantasy, qui peut mêler du fantastique. Donc c'est quelque chose d'assez vaste et qui n'a pas de forme définie, qui est très libre. Et c'est ce qui est intéressant dans le steampunk. C'est ce qui nous permet de créer tout un tas de choses différentes et d'avoir un univers très riche.

Comment le steampunk peut-il servir à valoriser un patrimoine, notamment celui des Hauts-de-France ?

Dans le cadre de ma thèse, je fais une recherche création qui a pour but de remettre en lumière le patrimoine industriel des Hauts-de-France grâce au steampunk. L’idée est d'utiliser le steampunk qui se passe généralement au XIXe siècle, ou en tout cas dans des univers qui ressemblent au XIXe siècle. Tout dépend des époques, car on peut avoir du steampunk qui se passe dans le futur, mais qui s'inspire de l'esthétique du XIXe siècle. Et l'idée, c'est de reprendre toute cette esthétique, mais aussi cette façon de penser pour interroger le passé, créer, faire réfléchir sur le présent et créer pour le futur. Au niveau du territoire par exemple, ça va se traduire par la remise en valeur des friches industrielles, types minières, la métallurgie, le textile. On a énormément de choses sur le territoire du Nord-Pas-de-Calais. Et ça se fait déjà ailleurs. Je pense notamment à l'Angleterre, parce que c'est de là que vient le steampunk. Mais c'est vrai qu'on est en train de développer ça en France. Et moi, mon objectif étant nordiste, c'est évidemment de le développer sur le territoire que j'habite. C’est ce qui a inspiré mes recherches depuis le début.

Elon Musk est-il le nouveau Jules Verne ?

Oui et non. Il est vrai qu’Elon Musk peut avoir cette image de l'inventeur. Jules Verne, n'a pas fait de steampunk. Mais le steampunk a un aspect, une culture politique qui va à l'encontre de ce que peut proposer Elon Musk. Dans le steampunk, il y a une importance pour tout ce qui va être fait soi-même, tout ce qui va être proche des gens. Le but n’est pas de l’élever au-dessus des gens, de ne pas être trop déconnecté des réalités et au contraire de pouvoir refaire des choses par soi-même. Donc certes il y a ce rêve de partir dans l'espace et on le partage tous. Je pense que tous les vaporistes, tous les pratiquants du steampunk, ont envie et espèrent qu’Elon Musk nous amènera sur Mars. Mais je pense que Jules Verne n’avait pas la même vision du monde qu’Elon Musk.

Sur la même thématique

Voir tout