Sojern, entreprise spécialisée dans le marketing numérique, a présenté lors d’une conférence de presse les tendances en matière de marketing digital. Alors que les destinations françaises retrouvent peu à peu leur niveau de fréquentation touristique, elles doivent composer avec de nouvelles façons de voyager et habitudes de réservation. A cette occasion, elle a invité trois d'entre elles pour témoigner de leurs pratiques en la matière.
Depuis début 2023, les recherches pour l’organisation de voyages vers la France ont augmenté de 52% comparé à 2022 sur la même période. Les professionnels observent notamment un retour accéléré de la clientèle chinoise pour qui la France devient la première destination réservée dans le segment de l’hôtellerie. Les perspectives pour l’été 2023 sont également positives avec des recherches de vols qui augmentent de 129% par rapport à l’année précédente, suivies de « l’effet Coupe du Monde de Rugby » qui porte à +230% les recherches de vols en septembre/octobre vers la France. A cela s’ajoute le maintien de la clientèle domestique acquise durant la période de crise sanitaire.
Pour les acteurs du secteur, de nombreux défis vont devoir être relevés en matière de marketing digital : toucher les bonnes audiences à travers les bonnes plateformes, gagner en transparence, suivre l’évolution des technologies ou bien encore la réglementation sur l’utilisation des données relative à l’arrêt des cookies tiers chez Google, repoussée à 2024. « Plus que jamais les destinations ont besoin de se concentrer sur leur stratégie marketing et prendre en compte les changements de paradigme et les solutions à leur disposition », explique Cédric Lopez, directeur commercial France et Benelux chez Sojern.
Les priorités pour les destinations en 2023
Selon lui, il y a quatre priorités pour les destinations en 2023. La première concerne l’utilisation et l’exploitation des données touristiques : « Ce qui n’est pas toujours évident pour elles car les destinations n’ont pas de clients à proprement parlé, il n’y a pas d'opérations transactionnelles directes ». Ensuite la stratégie multicanale et le « co-op marketing » sont des éléments clés : « Il faut être capable d’engager les voyageurs plus efficacement sur les canaux marketing, délivrer le bon message au bon moment et capitaliser sur le marketing de partenariats, créer un plan marketing avec l’intégralité de l’écosystème », précise Cédric Lopez. Enfin, l’heure est au tourisme durable et les destinations doivent le promouvoir, être capables d’informer les voyageurs des initiatives responsables ou bien encore d’utiliser les données de recherche de réservation pour mieux comprendre les voyageurs.
Dans la ville de Lyon, Only Lyon Tourisme et Congrès a profité de l’accalmie touristique liée à la pandémie pour revoir sa copie et progresser sur le tourisme durable et la collecte des données avec une cible davantage locale : « La crise sanitaire nous a permis de capitaliser sur le tourisme de proximité et c’est quelque chose que nous gardons encore aujourd’hui », déclare Mathilde Carpentier, directrice promotion et partenariats. Dans la région Grand-Est, après le lancement de la plateforme Explore, l’ART réfléchit à comment enrichir son offre : « Pour le moment il n’y a pas de transactionnel direct mais nous y réfléchissons. Cela pourrait aider certains acteurs non-digitalisés à pouvoir distribuer leurs services en ligne », explique Nicolas François, Directeur digital de l’Agence Régionale du Tourisme Grand-Est. La plateforme s’est également enrichie d’un accès à l’offre de SNCF Connect. Les voyageurs ont désormais la possibilité d’y réserver, en complément de leur séjour, leurs billets de train. Enfin, la Région Auvergne-Rhône-Alpes a également développé sa plateforme touristique fin 2021. Baptisée partir-ici.fr elle vise à servir de guide voyages pour les touristes et renforcer le lien entre les habitants et les acteurs du tourisme.
Photo d'ouverture : @Nguyen Dang Hoang Nhu