Comment la réalité virtuelle et l'IA peuvent-elles aider à améliorer la sécurité dans les aéroports ?

Présenté lors d'un Forum de l'AIT, le projet Next Vision vise à utiliser des casques de réalité virtuelle pour inspecter les bagages sans les ouvrir au sein…

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ML

Margot Ladiray

22 février 20233 min de lecture

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© Taylor Beach / Unsplash

Présenté lors d'un Forum de l'AIT, le projet Next Vision vise à utiliser des casques de réalité virtuelle pour inspecter les bagages sans les ouvrir au sein des aéroports. Sélectionné pour intégrer le programme d'accompagnement et d'accélération "Propulse", financé par le gouvernement, le projet permettra d'améliorer l'expérience des voyageurs et la sécurité aéroportuaire. Entretien avec Christophe Hurter, professeur-chercheur à l'ENAC et responsable du projet. 

Pouvez-vous revenir sur le projet Next Vision et en quoi l’usage de l’IA peut permettre d’améliorer la sécurité au sein des aéroports ?

Christophe Hurter, professeur-chercheur à l'ENAC et responsable du projet Next Vision

Next Vision est un projet de recherche sélectionné par l’aviation civile. Il consiste à utiliser de nouvelles technologies de réalité virtuelle dans l’amélioration de détections de menaces dans les bagages. Nous souhaitons réussir à améliorer l’expérience des passagers et réduire les risques pour le personnel et les voyageurs liés aux bagages potentiellement dangereux. Aujourd’hui, les scanners utilisés dans les aéroports fonctionnent avec des rayons X et proposent une vision « aplatie » en 2 D. Avec la nouvelle version de scanners, les tomographes, la reconstruction 3D du bagage est possible. On peut alors visualiser le bagage en volume.

Grâce à ce système, les voyageurs n’auront plus à sortir leurs produits. De leur côté, les agents de sûreté équipés de casque VR n’auront plus besoin d’avoir d’interaction directe avec l’élément suspect. Cela permettra également d’avoir plus de précision sur la nature du produit dangereux car il n’y a pas que les bombes mais aussi les objets tranchants, les médicaments, etc.

En résumé, ce projet propose d’améliorer la sécurité aux aéroports avec des outils permettant de détecter les menaces connues et inconnues en équipant les agents d’outils plus flexibles et efficaces. Ces nouvelles données permettront, à terme, de créer de nouveaux algorithmes d’IA afin d’être capable de détecter les objets dangereux mais surtout d’expliquer pourquoi ils le sont.

Est-ce un projet qui a vocation à être mis bientôt à disposition des aéroports ? D’ici les Jeux olympiques par exemple ?

Le projet est encore en phase de recherche et il n’y a pas de date butoir à ce jour pour sa mise en œuvre. Je le dirige en association avec le service technique de l’aviation civile (STAC), qui s’occupe des normes de sûreté à appliquer au niveau aéroportuaire. L’élément le plus important porte sur les nouvelles données, que l’on nomme données transparentes que nous allons pouvoir récolter grâce à ce système. Pour le moment, l’outil ne comprend pas encore l’intégration d’une IA mais c’est bien la suite du projet et mon groupe de recherche s’intéresse particulièrement à ce nouveau type d’algorithmes (XAI – eXplainable AI). Le plus important au final ce n’est pas la détection du danger mais son explication, être capable de créer un système qui nous explique pourquoi cela est dangereux. Nous n’en sommes encore qu’aux prémices de l’exploitation de ces algorithmes.

Peut-on imaginer que ces outils puissent être déployés dans d’autres lieux de transit ? Comme des gares ou transports en commun ?

En tant que chercheur ce n’est pas moi qui décide comment ces outils seront utilisés mais on peut imaginer qu’ils le soient lors de contrôles aléatoires dans un premier temps. Tous les bagages ne seront pas explorés. Ensuite, cela pourra être déployé partout où il y a des bagages à danger potentiel, donc dans des gares ou lors de bagages oubliés dans les transports en commun. Il y a cependant la contrainte de l’équipement qui pèse lourd et qui demande une installation spécifique. C’est pour cela que je pense que le dispositif pourrait être davantage déployé dans des lieux ou zones sensibles avec une entrée protégée comme des Ministères ou Ambassades.

Photo d'ouverture : @Taylor Beach

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