Il y a quelques jours s’achevait l’édition 2023 du CES, la grande messe de l’innovation internationale qui se déroule chaque année à Las Vegas. Au total, plus de 3 200 exposants (1 000 de plus que l’an dernier) et 100 000 visiteurs ont fait le déplacement. Que faut-il retenir de cette édition ? Cyril Guiraud, COO de Theta et spécialiste travel tech, nous fait part de son ressenti sur le salon et partage ses coups de cœur et déceptions.
Quelle a été la teneur de cette édition ?
Cette année, il y a eu beaucoup plus de participants et d’exposants que l’an dernier. Je suis toujours étonné de trouver à la fois des entreprises qui présentent des choses abouties et des grandes entreprises qui font acte de présence sans forcément présenter de nouveautés. Microsoft et Amazon par exemple avaient un stand mais ne présentaient rien de nouveau. Il s’agissait davantage de « proof of usage » de leurs systèmes. Meta a pris la parole lors d’une keynote mais n’a fait aucune annonce. C’est dommage, car cela retire la magie du CES que l’on a connue il y a quelques années. Finalement, ce sont les petites entreprises qui sont les plus intéressantes et ce sont elles qui remportent le plus d’Innovation Awards. En revanche, elles ne sont pas toujours transparentes et on se rend compte vite que les produits présentés ne sont en réalité pas commercialisés ou encore au stade du crowdfunding.
Comment avez-vous trouvé la représentation de la France cette année ?
J’ai trouvé génial le fait qu’il y ait autant d’entreprises françaises lors de cette édition. La France était l’une des plus grandes délégations et l’innovation à la française a pu profiter d’une portée internationale. Les startups avec qui j’ai pu échanger ont fait un vrai effort de préparation en amont avec des supports adaptés à un public anglophone. On peut noter la présence d’un corner travel tech cette année, le seul corner dédié à une industrie en particulier.
Quelles sont les technologies que vous avez trouvé les plus intéressantes ?
J’ai trouvé intéressant le parcours seamless proposé par l’aéroport d’Incheon en Corée du Sud. Il a mis au point un parcours sans contact depuis l’arrivée à l’aéroport jusqu’à la porte d’embarquement grâce à un système de reconnaissance faciale. On enregistre les données biométriques chez soi et il possible ensuite de passer facilement les points de contrôle. Une technologie pratique en termes d’expérience et de cas pratiques. J’ai aussi remarqué plusieurs produits intéressants du côté de la connexion neuronale. Le bracelet de montre Mudra Band permet par exemple de contrôler un écran grâce aux signaux électriques envoyés pas le cerveau. Une autre société présentait une sorte de casque de vélo équipé d’électrodes. Il permet de commander très finement des appareils ou de répliquer des gestes à des milliers de kilomètres. Il permet par exemple de déclencher des actions, en fonction du « mood » de l’utilisateur. Cela s’inscrit dans l’ère de la communication homme/machine. Enfin, plusieurs technologies utilisant la lumière ont attiré mon attention. La société israélienne Wi-Charge présentait son système d’alimentation électrique par la lumière. Un récepteur est placé sur un appareil et la lumière située au-dessus lui envoie de l’énergie. Il n’y a plus besoin de prise électrique ni de fil. Le Li-Fi aussi commence à être au point, comme nous l’a expliqué la société française Oledcomm. C’est intéressant de voir comment les désavantages de cette technologie ont été transformés en avantages. Le Li-Fi ne passe pas les murs ni les vitres, mais cela permet de contenir le réseau à un endroit en particulier et ainsi réduire les risques de piratage. Il est plus rapide que le Wi-Fi et ne diffuse pas d’ondes néfastes pour le cerveau.


Au contraire, quelles sont les technologies qui vous ont le moins convaincu ?
Sans aucun doute le projet développé par la société Skytrack Technology qui a mis au point un avion propulsé par de l’électricité grâce à un train auquel il est rattaché par un câble. Je salue le fait de vouloir réduire l’impact carbone de l’aviation, mais dans ce cas, pourquoi faire un avion ? L’aérien n’a de sens que pour voler au-dessus des mers et des montagnes. J’ai également été déçu par les hologrammes présentés par la société Hypervsn. On est encore loin des hologrammes que l’on peut voir dans Star Wars. Il s’agissait en fait d’images diffusées à l’aide d’hélices. C’était impressionnant car il y en avait beaucoup, mais cela reste des images pré-enregistrées en 3D.



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