[Exclu] Busan, la (très) sérieuse prétendante à l'Exposition Universelle de 2030

Candidate pour l'Expo Universelle de 2030 face à Rome (Italie), Odesa (Ukraine) et Riyad (Arabie saoudite), la ville de Busan souhaite mettre les technologies…

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ML

Margot Ladiray

1 décembre 20224 min de lecture

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© Archives Travolution

Candidate pour l'Expo Universelle de 2030 face à Rome (Italie), Odesa (Ukraine) et Riyad (Arabie saoudite), la ville de Busan souhaite mettre les technologies de pointe et la responsabilité écologique au coeur de son projet. De passage à Paris, le Maire de Busan, Park Heong-joon, est revenu pour TOM.Travel sur les enjeux autour de la mobilité et de la gestion des flux touristiques liés à l'organisation de cet événement mondial. 

Quelles places tiendront l'innovation et l'écologie lors de l'organisation de l'Exposition Universelle de 2030 ? Selon vous, ces deux mots doivent-ils désormais être obligatoirement associés ?

Park Heong-joon, Maire de Busan

Le nom de la ville de Busan est par essence même synonyme de ville verte intelligente. Nous avons une réelle volonté de répondre au dérèglement climatique grâce aux technologies de pointe. Ce sont à travers ces deux enjeux principaux que nous souhaitons organiser l'Exposition Universelle de 2030, faire d’une pierre deux coups. Le site qui a été retenu pour l’événement est situé dans le vieux quartier de la ville et sera réaménagé en espace écologique. Les activités portuaires seront notamment déplacées du quartier pour limiter la pollution.

En parallèle, le programme Habitat des Nations Unies a choisi le vieux quartier de Busan pour créer un nouvel éco-quartier baptisé « l’île flottante » qui a vocation à accueillir des réfugiés climatiques. Ce programme sera un concentré de technologies de pointe et symbolisera le savoir-faire du génie civil coréen. Ce sera un mix entre IoT et énergie auto-suffisante. Busan est par ailleurs la première ville intelligente au monde selon une récente étude récemment publiée par un institut anglais, devant Séoul.

Lorsque vous qualifiez Busan de smart city, quelle est votre définition ? Comment imaginez-vous son évolution d'ici 2030 ?

Pour moi la ville intelligente se définit de deux façons. La première, au sens étroit du terme, est basée sur la digitalisation d’une ville, d’une automatisation avec des technologies telles que la 5G ou 6G. Des technologies avancées qui apportent du confort aux citoyens dans l’habitat ou le transport. Dans la ville de Busan, nous avons désigné une zone pilote baptisée Eco-Delta Cité qui nous permet de tester des réseaux de véhicules autonomes, digitalisés, automatisés et écologiques.

La seconde définition, au sens large, est selon moi une ville qui fait appel aux nouvelles technologies qui viennent se greffer sur des aspects plus globaux de la ville. Des technologies qui vont avoir un impact sur la vie quotidiennes des habitants. La smart city va créer et apporter du bien-être au sens global du terme. A titre d’exemple, nous allons lancer le premier service de bus médicalisé qui a vocation à se rendre chez les personnes à mobilité réduite. Il fournira des services médicaux, dont les données seront récoltées et utilisées à des fins médicales.

Comment comptez-vous réussir à relever le défi d’allier performance et développement durable sur la partie transport et la gestion des flux touristiques ?

Afin d’allier performance et écologie pour les transports, nous allons tout d’abord faire appel à l’hydrogène vert qui sera largement utilisé et allons mettre en place un système de surveillance maritime. Face aux importants flux touristiques attendus, un système satellite va nous permettre de mesurer la pollution atmosphérique causée par les particules fines. Ces projets sont totalement en phase avec les objectifs de développement durable des Nations Unies.

Quels sont vos atouts en matière de réseaux de transport, d'interconnexion, par rapport à vos concurrents ?

La Corée est un pays très avancé en la matière et doté d’un système de transport confortable et performant. A Busan, il existe déjà un aéroport international qui fait partie des 3 plus grands au monde et nous souhaitons en ouvrir un nouveau en vue de l’Exposition Universelle. Nous avons également un très grand réseau ferroviaire, à l’instar de la France. Le train est un mode de transport très emprunté en Corée.

Je tiens à souligner que nous allons mettre en place un réseau à hydrogène qui permettra de relier le nouvel aéroport et le site de l’exposition en 15 minutes seulement. Par rapport aux autres villes concurrentes cela est un véritable atout. Le site choisi est en plein cœur de la ville et facilement accessible. Depuis la gare KTX (TGV coréen), l’exposition est à 5 minutes à pied. Nous avons fait en sorte que cela soit très bien desservi et facile d’accès.

Photo d'ouverture : @wade_traveler

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