L'imagerie satellitaire permettra-t-elle de lutter contre le surtourisme ?

Murmuration est une startup toulousaine qui récolte des données grâce à des images satellites et les met à disposition des acteurs du tourisme à des fins de…

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ML

Margot Ladiray

24 novembre 20223 min de lecture

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© Archives Travolution

Murmuration est une startup toulousaine qui récolte des données grâce à des images satellites et les met à disposition des acteurs du tourisme à des fins de durabilité. Après avoir été sélectionnée par le CNES lors d'un appel à projets, la jeune pousse souhaite développer une solution qui permet de définir un seuil de fréquentation touristique pour préserver des lieux protégés ou des destinations. Entretien avec Cathy Sahuc, co-fondatrice et COO de Murmuration. 

Vous avez récemment remporté un appel à projets organisé par le CNES pouvez-vous nous en dire plus ? Quel a été le projet sélectionné ?

Cathy Sahuc, co-fondatrice et COO de Murmuration

Dans le cadre d’un projet de recherches avec le CNES, nous avons proposé un concept de capacité de charges pour des destinations touristiques, calculée à partir de données satellites. Ces données portent sur la qualité de l’air, l’état de la végétation et nous aimerions y intégrer prochainement les données de l’eau. Ces données vont nous permettre d’évaluer l’état initial d’un territoire et de définir jusqu’à quel point il peut accueillir du monde sans que cela ait un impact sur l'environnement. L’idée étant de permettre aux destinations de définir des jauges du nombre de visiteurs calculées sur une base scientifique. Nous souhaitons aider les territoires à calculer ces seuils de façon lisible, sous forme de cartes, de courbes ou de valeurs. Cela va ensuite leur permettre de mettre en place des actions pour limiter l’impact environnemental sur des sites protégés, comme dans les calanques à Marseille par exemple.

Vous avez également noué un partenariat avec Orange, quel est l’intérêt pour vous de vous associer à ces deux entités ?

Le CNES intervient deux façons dans ce projet, tout d’abord en supportant financièrement nos études et le fait que l’on utilise l’imagerie satellitaire pour nourrir notre produit et, dans certains cas, de pouvoir bénéficier de leur expertise. En parallèle, nous avons un partenariat avec Orange qui nous fournit des données de flux touristiques. Elles nous servent à mieux comprendre l’impact de l’activité humaine sur nos indicateurs environnementaux.

Quels indicateurs allez-vous intégrer à cet outil, pour quels enjeux ?

Chez Murmuration, nous avons déjà une offre opérationnelle où l’on va pouvoir fournir des indicateurs sur la qualité de l’air, les températures ou la qualité de l’eau sous forme d’un tableau de bord. Avec ce nouveau projet, nous souhaitons utiliser ces indicateurs pour en déduire des capacités et définir des seuils de fréquentation. Nous avons déjà la base pour développer ce nouvel outil et plusieurs contrats avec des territoires comme la région Auvergne-Rhône-Alpes, Occitanie ou Malte. La question de surfréquentation est une problématique qui remonte souvent mais cette fois nous souhaitons trouver une manière scientifique de la calculer.

Pour le moment, nous allons surtout nous concentrer sur les indicateurs de pollution, puis sur la végétation. Nous visons le printemps 2023 pour sa mise en service puis de nouveaux critères seront ajoutés progressivement. L’objectif est qu’il y ait un maximum d’indicateurs disponibles d’ici la saison estivale. La nouveauté est que nous allons également pouvoir donner des prévisions de températures aux destinations afin que les acteurs touristiques puissent adapter leurs activités en fonction des évolutions climatiques.

Photo d'ouverture : @Jacekdylag

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