Dans le cadre du forum A World For Travel, TOM.travel a interrogé Emmanuel Bobin, CEO de l'Open Tourisme Lab, afin d'en savoir plus sur le nouveau réseau d'incubateurs touristique mondial qui verra le jour en 2023.
Vous venez d'annoncer, dans le cadre de A World For Travel, le lancement d'un nouveau réseau d'incubateurs spécialisé dans le tourisme durable. Pouvez-vous nous en dire plus ?
Oui, on voulait profiter de cet événement international pour annoncer tout un travail de fond qui a été fait de notre part en pratiquement 18 mois. Nous étions mûrs pour passer au stade d'après, pour construire un vrai réseau. Donc on a initié des réunions bilatérales avec d'autres structures étrangères.
De quel pays parle t-on ?
Ces structures sont d'abord européennes avec des partenaires en Italie, des partenaires en Grèce, des partenaires au Portugal. Nous avons déjà commencé à travailler et sommes dans l'opérationnel. Ce réseau se décline en plusieurs éléments majeurs. Le premier élément majeur concerne les programmes croisés de startups. La deuxième chose est la globalisation de nos réflexions. Nous pouvons nous enrichir les uns les autres parce que nous avons des cultures différentes : nord-américaine, Europe du Nord, latine. Ces structures qui rejoignent le réseau n'ont pas le même mindset. Certaines sont très orientées travel, sur les destinations, d'autres sont très orientées sur les industries du contenu, sur les industries culturelles.
A quel genre de startups s'adresse ce réseau d'incubateurs ?
Je veux changer les codes. Mes équipes le disent depuis maintenant un an, on voit toujours les mêmes projets de startups arriver. Nous ne sommes pas dans le monde de la deep tech, on ne fait que de l'innovation incrémentale par rapport à des technologies liées à la data, mais aujourd'hui il faut changer le modèle économique. Il doit désormais être orienté "planet centric". Nous ne sommes plus dans le "human centric", mais dans le "planet centric". Nous voulons aller explorer d'autres choses, voir ce qu'il se passe du côté du biomimétisme par exemple.
Cela veut donc dire que ce réseau ne s'adressera pas seulement à des startups du tourisme pur ?
Non, en effet. Nous avons déjà accompagné des startups qui n’étaient pas des « pure players » tourisme. Je pense par exemple à Aquatech Innovation. On parle au départ de biotech verte, d'un bioréacteur qui permet de traiter les eaux grises pour les opérateur du littoral sur des ports ou dans les campagnes. Nous sommes capables d'aller chercher des technos, d'aller chercher des gens, même des capitaux, des créateurs, des porteurs de projets qui ne sont pas dans l'univers du tourisme. C'est un vrai travail de fourmi, de détection. L'équipe, en tout cas, s'engage fortement pour aller les dénicher.
Si les startups sont présentes partout dans le monde, comment se passera l'accompagnement ?
Il y aura des formules différentes. Il y aura des programmes plus "créatifs" qui passeront par des temps de résidence. Ce ne sera pas l'accompagnement classique où l'on suit la startup, où l'on donne des jalons et on se donne rendez-vous de mois en mois en accompagnant avant tout la croissance du business. Dans le cadre du programme Tech for good, chaque résidence va permettre d'aller plus loin sur chacun des projets.
Vous lancez ce réseau d'incubateurs alors que le secteur se remet dans une bonne dynamique. Pensez-vous que le renouveau du tourisme passe par le tourisme durable ? Pensez-vous que le marché est prêt ?
Oui, je ne sais pas si on a le choix. Dans nos équipes, il y a une majorité de personnes issues des générations Y et Z. Je le vois dans leurs attentes et dans leur comportement. On a beaucoup parlé de valeur, de sens, mais maintenant il faut passer à l’action. En quoi ces personnes vont se retrouver demain dans leurs expériences de voyages ? Quoi de mieux que de co-désigner ces expériences avec eux ?