Aérien : Qui doit financer la transition écologique ?

Dans le cadre du forum A World For Travel, nous avons interrogé Teodora Marinska, COO/Head of public affairs – European Travel Commission, afin de savoir…

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Julia Luczak-Rougeaux

3 novembre 20224 min de lecture

Teodora Marinska - AWFT
© Archives Travolution

Dans le cadre du forum A World For Travel, nous avons interrogé Teodora Marinska, COO/Head of public affairs – European Travel Commission, afin de savoir comment la technologie peut aider à rendre le secteur de l'aérien plus durable et qui doit financer cette transition.

Comment la technologie peut-elle aider l'aéronautique à devenir plus durable ?

Je pense que l'industrie de l'aéronautique fait l'objet d'une grande attention parce qu'elle est considérée comme peu encline au changement, surtout quand on parle d'aviation verte. Mais ce que les gens ne voient pas et ne savent pas, c'est qu'il y a une myriade de projets différents qui travaillent à rendre l'aviation durable à long terme et qui touchent vraiment à l'aviation verte. La question est de savoir quand. Mais actuellement, il existe un certain nombre d'initiatives qui pourraient réellement changer les choses à moyen et long terme. Et si nous devons nous concentrer sur quelques-unes d'entre elles, il est très encourageant de savoir que, dès 2028, nous aurons un avion commercial entièrement électrique pour les vols de courte distance développé par une entreprise suédoise. Et c'est quelque chose de très concret. Bien sûr, ce n'est pas une solution applicable aux moyens et longs courriers, mais c'est quelque chose que nous attendons vraiment avec impatience. Autre point intéressant, les carburants durable de 3e génération et les carburants synthétiques qui pourraient réduire les émissions de 99%, ce qui signifie que nous pourrons voler presque sans émissions.

Vous m'avez dit précédemment que ce n'était pas forcément une question de technologie, mais une question de collaboration entre les acteurs du tourisme.

Oui. Quand vous parlez de tourisme, vous êtes face à un secteur avec une énorme chaîne de valeur. Et elle n'est pas organisée autour du produit. Le produit est la destination et il tourne en fait autour d'elle. C'est donc un cas assez particulier. Et la coopération est cruciale pour tout ce qui concerne le tourisme. Mais maintenant l'industrie doit passer par un processus de transformation très profond avec de nombreux défis, des défis concurrentiels, parce qu'il est très difficile de garder un œil sur la vision à long terme quand survient le COVID et que vous n'êtes pas opérationnel parce que vous êtes fermé. Mais lorsque nous voyons le tourisme se développer, nous constatons qu'il est généralement basé sur la coopération des parties prenantes. Et pour cela, bien sûr, le partage des données est très important. Tout d'abord, il faut fournir les données, car on ne peut rien changer si on ne peut pas les mesurer, mais il faut aussi partager ces données avec les autres parties prenantes. C'est d'une importance cruciale.

Qui devra payer pour rendre les voyages plus durables ?

Je pense que c'est généralement comme ça que ça se passe, c'est-à-dire que l'industrie essaie volontairement de devenir meilleure et plus écologique parce que le consommateur s'y attend ou le veut. Mais cela ne se produira qu'à très long terme. Et ce que nous voyons se produire, surtout en Europe, c'est que c'est en fait le législateur qui impose certaines normes et exige des entreprises qu'elles fonctionnent différemment pour être écologiques. Cela a un coût pour l'entreprise qui est finalement répercuté sur le consommateur parce que les prix augmentent en raison de certaines exigences. Mais ce que nous devons également voir, et que nous verrons de plus en plus, c'est que le soutien public, le financement public pour certains changements sera là. Prenons, encore une fois, l'aviation. C'est une technologie tellement coûteuse à mettre en œuvre, même les carburants durables pour l'aviation. Ils existent, mais ils ne sont pas mis à l'échelle. Et c'est quelque chose qui nécessiterait un investissement public, car sinon, cela ne se produira pas. Les marchés ne le feront pas. Ils sont trop chers pour être produits à plus grande échelle. Donc le marché ne va pas régler le problème. Il faut que les gouvernements interviennent. Donc je dirais qu'équitablement, ce serait probablement un 50-50 pour le partage des coûts.

Comme vous le disiez, le consommateur final devra payer sa part...

Oui, le consommateur devra payer parce que l'industrie doit payer. Le défi est de trouver l'équilibre entre la carotte et le bâton. Combien l'industrie peut-elle prendre en charge ? Combien l'industrie peut-elle répercuter sur le consommateur avant que ce dernier ne dise : "Vous savez quoi, je trouve vos produits trop chers pour moi". Les acteurs du tourisme devront fermer leurs portes parce qu'il ne peuvent pas vendre leur produit en raison des exigences publiques, qui sont tout simplement trop contraignantes. Il est très important de trouver cet équilibre et j'espère que nous y arriverons.

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