La certification, le partage des données ainsi que la collaboration vont jouer un rôle important dans la réduction des émissions de CO2 et la compensation carbone dans le secteur de l'aérien. C’est l’idée principale qui s’est dégagée lors d’une table-ronde organisée dans le cadre du forum A World For Travel hier.
Organisé à Nîmes pour sa deuxième édition, le forum A World For Travel réunit actuellement dignitaires, académiciens, politiciens, chefs d’entreprises et industries mondiales afin de réfléchir aux solutions pour transformer durablement le secteur du voyage.
Une table-ronde intitulée « The Problem and the Solution for Carbon Offsetting & Carbon capture –Technology and AI Carbon impact measurements » a été l’occasion de revenir sur le rôle de la technologie dans la réduction et la compensation carbone du secteur du tourisme et en particulier l’aérien.
Pour Kit Brennan, Fondateur de Thrust Carbon, la compensation carbone repose sur trois piliers. Le premier est le concept de l’additionnalité climatique : le projet doit générer un impact environnemental positif par rapport à une situation de référence. Le deuxième est la vérification, chaque compensation carbone doit être contrôlée par un tiers. Et le troisième est l’action passée. « La compensation doit déjà avoir eu lieu. On ne peut pas planter des arbres demain pour une action qui a eu lieu aujourd’hui. Ces arbres doivent avoir été plantés il y une dizaine d’années », a-t-il précisé.
De son côté, Amadeus a récemment investi dans CHOOOSE, une entreprise norvégienne spécialisée dans le calcul d'émissions tout au long du voyage, du transport aérien au transport terrestre en passant par l'hébergement. « Je pense qu’il est important d’informer les voyageurs de l’empreinte carbone de leur voyage », a déclaré Lucas Bobes, Group Environmental Officer& Head of ESG Planning chez Amadeus.
Selon Teodora Marinska, COO/Head of Public Affairs à la Commission européenne du tourisme, il y a encore un manque de confiance chez les consommateurs dû à un manque de transparence. « Il y a beaucoup trop d’options pour compenser ses voyages, c’est difficile d’y voir clair », a-t-elle commenté avant d’évoquer la nécessité de réguler les pratiques.
Une idée partagée par Hilary Matson, Fondatrice de Yugen Earthside, qui voit une certaine confusion chez les voyageurs concernant les certifications et la manière dont leur argent est réellement utilisé pour compenser leurs déplacements. Selon elle, ce n’est pas la compensation carbone effectuée par des personnes individuelles qui va régler le problème. « Ce qui est clé est la régulation et la collaboration entre les gouvernements et les compagnies aériennes. Les gouvernements pourraient demander que chaque vol soit compensé ou que le carburant durable d'aviation ( SAF, sustainable aviation fuel, ndlr) soit utilisé », a-t-elle expliqué.
« Il faut mettre en place des outils universels que l’on puisse ensuite décliner par sous-secteur », a complété Randy Durband, CEO de GSTC. Et pour mettre en place ces outils, il faut des données. « Le calcul des émissions n’est pas compliqué théoriquement, il faut simplement obtenir les données. Mais pour des raisons opérationnelles, les compagnies aériennes ne peuvent pas tout partager. C’est pourquoi la régulation est l’une des solutions », a déclaré Kit Brennan.