Inflation, écologie, énergie : nos habitudes de voyages marquées au fer rouge

Alors que l’inflation ne cesse d’augmenter et que la crise énergétique et environnementale menace le secteur du transport, comment allons-nous voyager dans les…

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ML

Margot Ladiray

13 octobre 20224 min de lecture

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© Archives Travolution

Alors que l’inflation ne cesse d’augmenter et que la crise énergétique et environnementale menace le secteur du transport, comment allons-nous voyager dans les prochaines années ? A bord de quoi allons-nous nous déplacer ? A l’heure où toute l’industrie s’accorde à dire que les voyageurs et les transporteurs doivent faire des efforts, voyager pourrait devenir un luxe.

Deux ans après la crise sanitaire, les coûts liés au voyage ont littéralement explosé. Que cela soit dans l’aérien, le ferroviaire, la location de voiture ou une nuit dans un hôtel, les tarifs ne cessent d’augmenter et la crise énergétique ne vient pas calmer cette tendance à la hausse. En août 2022, le taux d’inflation annuel de la zone euro était en hausse de 9,1% et il pourrait atteindre une moyenne de 5,5% sur l’année, une première depuis 1985. Dans le secteur de l'hôtellerie, rien que sur les mois de juillet-août, le prix moyen a atteint 35% d’augmentation dans la capitale et près de 20% au niveau national, selon la dernière étude du cabinet MKG Consulting.

Voyager moins loin et mieux

A cela s'ajoute une prise de conscience générale liée aux problématiques environnementales, où le maître mot est voyager moins mais mieux. Aujourd’hui, beaucoup de Français ne peuvent plus se permettre de voyager…du tout. Mais il est encore possible de concilier petite bourse, respect de l’environnement et plaisir, même si cela commence à faire beaucoup. Pour se déplacer, le train reste sans nul doute le moyen de transport le moins polluant et coûteux, à condition de s’y prendre à l’avance ou de choisir des destinations de proximité. Une tendance qui a émergé et pris de l'ampleur durant la crise sanitaire, dans un contexte d'incertitudes liées aux différentes restrictions. Demain, il faudra peut-être envisager davantage de séjours intra-régionaux ou de proximité tout en cherchant le petit plus pour un dépaysement (presque) total. De nombreux Offices de Tourisme valorisent aujourd’hui les expériences et pour en vivre, pas besoin de partir loin. Découverte de la gastronomie locale, visite augmentée, activité plein-air, nos régions ont du talent…et de la ressource !

La mobilité de demain sera multimodale

Et si cela ne suffit pas, l’avion reste, dans la majorité des cas, le moyen de transport le plus rapide pour se rendre en contrée lointaine. Si les compagnies aériennes arrivent à tenir leurs promesses, d’ici à 2030, le secteur devrait considérablement avoir réduit ses émissions de gaz à effet de serre grâce aux carburants durables (SAF) et à l'acquisition d'appareils moins énergivores. Des objectifs ambitieux, visant souvent le net zéro carbone ce qui est par définition, tout bonnement impossible. Revers de la médaille : ces carburants durables ont des prix d’achats nettement supérieurs au kérosène et cela se répercutera automatiquement sur le tarif des billets. Les voyageurs pourront probablement s'offrir des séjours plus rarement, mais feront durer le plaisir.

Sur place, les voyageurs devront là aussi être en mesure de limiter leur budget en choisissant des hébergements responsables et économiques. Depuis plusieurs années on observe par exemple une montée en gamme des auberges de jeunesse ou de nouvelles réglementations concernant les nuits chez l’habitant. L’Hospitality de demain ne sera peut être plus la même qu’aujourd’hui et certains établissements hôteliers seront de facto réservés à une classe sociale aisée ou à une "clientèle plaisir". Pour se déplacer, la multimodalité sera au cœur des enjeux. Exit la voiture thermique, les loueurs devront être en capacité de proposer des flottes plus respectueuses de l’environnement et le réseau de transport public favorisé. Si toutes les destinations n’en disposent pas, la marche ou le vélo pourront séduire les plus sportifs. En France, les itinéraires de cyclotourisme sont légion et les villes adoptent des politiques de plus en plus favorables aux vélos en leur dédiant des itinéraires optimisés et sécurisés.

Alors demain, si les ressources énergétiques et financières venaient à manquer, comment voyagerons-nous ? Le voyage débute dès lors qu’on commence à y penser. Voyager n’est donc plus synonyme de partir loin mais de vivre une expérience, une émotion…et cela peut être partout. Que ce soit à bord d'un véhicule volant, d'un train autonome ou à vélo, les voyageurs devront apprendre à composer avec des tarifs élevés et des enjeux environnementaux et sociétaux.

Photo d'ouverture : @directormesut

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