Le programme « Biodiv’Sports » de la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO) est lauréat des Trophées Horizons dans la catégorie « Préservation de la biodiversité et des ressources naturelles ». Son but ? Diffuser sur les plateformes qui recensent des itinéraires de sports de nature des informations concernant la présence de la faune sauvage. Plus d’explications avec Céline Blanc, Responsable de Projets Tourisme et loisirs nature de LPO France.
En quoi consiste le programme « Biodiv’Sports » ?
Ce programme est un dispositif conçu et co-animé par la LPO, la Ligue pour la Protection des Oiseaux, afin de concilier les sports de nature et la préservation de la biodiversité. Il vise depuis 2016 à sensibiliser le public sur la faune en milieu naturel et à créer des zones de sensibilité afin que les pratiquants puissent adapter leur comportement en milieu naturel. Il y a un vrai engouement pour les activités sportives de nature, mais encore peu d’informations et de ressources sur la vie sauvage.
A qui s’adresse ce programme ?
Nous avons deux cibles. D’abord les professionnels comme les collectivités, les associations naturalistes et les gestionnaires d’espaces naturels. L’idée est de favoriser le dialogue avec tous les territoires et les acteurs des milieux naturels et sportifs. Nous mettons tout le monde autour de la table pour que chacun exprime ses besoins. Nous avons construit un outil de base de données qui invite les gestionnaires d’espaces naturels et les associations naturalistes à partager des données sur les espèces et les zones concernées. Ces informations peuvent ensuite être diffusées auprès des pratiquants, notre deuxième cible, sur les plateformes telles que Visorando, Camptocamp ou encore Skitour. Les plateformes partenaires viennent se connecter via une API. L’idée est de pouvoir donner l’accès à toutes ces informations facilement et à tout moment.
Cette plateforme est-elle amenée à évoluer ?
Nous réfléchissons à prendre en compte une notion plus large de la biodiversité qui intégrerait également la flore. Nous aimerions aussi pouvoir proposer des circuits alternatifs en fonction de la présence d’une espèce sur une zone à un moment donné.
Sur quels territoires l’outil est-il utilisé ? Quel est votre objectif en termes de couverture ?
Le programme a vu le jour en région Auvergne Rhône-Alpes en 2016 et s’est poursuivi jusqu’en 2020. Puis la LPO France a repris le dispositif pour le déployer sur un maximum de territoires en France. Il est notamment utilisé en Provence-Alpes-Côte d'Azur, en Occitanie et dans les Pyrénées. Nous voulons investir également le littoral. Nous pouvons nous appuyer sur les réseau de la Ligue pour la Protection des Oiseaux qui est présente partout en France. La gouvernance nationale du dispositif est récente et nous devons formaliser les partenariats. En solidifiant nos comités de pilotage, nous pourrons étendre la couverture.
Pourquoi le jury des Trophées Horizons a récompensé la Ligue pour la Protection des Oiseaux : "Contrairement aux autres candidats, la LPO n'est pas un acteur du tourisme. Ce programme montre qu'il est possible de travailler avec tous les acteurs d'un territoire".