Spécialisée à l’origine dans la construction de drones, la société avignonnaise BLR Aviation est en train de développer sa voiture volante hybride, dotée de roues. Selon elle, les voitures volantes sont une alternative écologique viable à la voiture classique et seront imparables dans les prochaines années.
Le projet de voiture volante développé par la société BLR Aviation a commencé il y a un an et demi. Initialement spécialisée dans la conception de drones civils, elle a décidé de créer un engin hybride, entre la voiture et l’eVTOL (aéronef électrique à décollage et atterrissage vertical). « On dit voiture volante alors que la plupart de ces appareils n’ont pas de roues. Nous en avons ajouté car nous pensons que les vertiports, qui doivent accueillir les véhicules volants, seront vite saturés. L’usage des routes permettra de les guider », explique Damien Blairon, dirigeant de BLR Aviation. Le développement de ces nouveau engins volants devra donc aller de pair avec la diminution des voitures classiques sur les routes. « Nous voulons obtenir la double homologation, voiture et avion pour être les premiers à sortir ce modèle amphibie », ajoute-t-il.
La voiture volante de BLR Aviation pèsera 250 kilos de charge utile et pourra transporter 2 passagers pour des vols jusqu’à 2h30 d’autonomie. Equipée de 4 bras et de 8 rotors, elle sera composée de matériaux composites dont des fibres d’origines biologiques. Sa vitesse ne dépassera pas la centaine de km/h pour respecter les mesures de sécurité dans un espace interurbain. Elle sera hybride et pourra être alimentée en énergie par des batteries en lithium, une génératrice hydrogène, une génératrice turbine thermique ou une pile à combustible hydrogène.
Damien Blairon à côté du prototype de chassis de l'aéronef
Pour le moment, la société avignonnaise a effectué la phase 1 du projet, à savoir la conception numérique de l’aéronef, grâce à un financement privé de 300 000 euros. Elle débute désormais une autre phase du développement, à savoir la conception du prototype et son homologation. Une phase qui peut prendre jusqu’à deux années et qui demande une somme importante. BLR Aviation cherche 6 millions d’euros pour entrer dans cette étape industrielle. Si elle indique sur son site une commercialisation à horizon 2025, Damien Blairon précise que ce sont davantage les fonds récoltés qui détermineront l’avancée du projet. Quant à l’homologation, la société est confiante. « La DGAC nous connaît déjà de par nos activités avec les drones. Des normes européennes existent, il suffit de les respecter », affirme le dirigeant.
Le marché des voitures volantes va se structurer
L’espace aérien sera-t-il rempli par des voitures volantes comme dans le film « Le Cinquième Elément » de Luc Besson, film qui a nourri l’imaginaire de Damien Blairon ? « L’espace aérien est vaste. C’est dystopique de dire qu’il y aura des bouchons », déclare-t-il. Selon lui, les voitures volantes sont surtout une alternative aux voitures classiques : « Les voitures volantes seront imparables pour désengorger le trafic routier. Électriques, elles auront en plus un meilleur bilan carbone ».
Et même si l’offre sera pléthore, selon Benoit Fahy, Responsable Administratif et Financier de BLR Aviation, le marché devrait vite se structurer : « Les plus gros rachèteront les plus petits, dont nous faisons partie. Nous avons développé une technologie qui n’a pas d’égal et un aéronef haut de gamme, qui nous permettront à terme de trouver acquéreur et de délivrer à plus grande échelle ».