Dernière Expédition Immersive en date créée par la société Emissive, « L’Horizon de Khéops » nous transporte en Egypte par le biais de la réalité virtuelle à la découverte de la pyramide de Kheops. Proposée à l’Institut du Monde Arabe jusqu’au 2 octobre, cette expérience bluffante montre une nouvelle fois le potentiel de la technologie pour le monde culturel et touristique.
Dans la file d’attente pour accéder à la salle de l’exposition immersive, je suis invitée à ranger mes effets personnels dans des casiers afin d’être plus libre de mes mouvements. Un peu plus loin, on m’équipe d’un casque de réalité virtuelle HTC Vive Focus 3, un casque autonome présentant un son spatial 3D immersif et une haute qualité de vidéo, et d’un sac à dos contenant un ordinateur permettant de se déplacer «réellement » dans l’espace de manière fluide.
Me voilà parée pour 45 minutes de visite, après quelques minutes d’explications. Le principe est simple : il suffit de se diriger vers des carrés de couleur bleue au fur et à mesure de la visite, en évitant les murs, matérialisés par des rayons rouges durant l’expérience. Les autres visiteurs sont quant à eux représentés sous forme d’avatars afin d’éviter les collisions.
La jeune Mona est notre guide virtuelle et nous emmène à l’extérieur et à l’intérieur de la pyramide de Kheops, le tombeau présumé du roi de la dynastie de l'Ancien Empire. Une partie de la visite a lieu à notre époque et une autre partie nous transporte 4500 ans en arrière, au temps des funérailles du roi Khéops lui-même. Du début jusqu’à la fin, l’immersion est totale et réussie. Les décors sont impressionnants, ponctués par les explications de notre guide virtuelle dont on perçoit rapidement la personnalité...dynamique.
Mona, notre guide virtuelle @Emissive
50 000 billets vendus depuis juin
Vu de l’extérieur, le spectacle des visiteurs qui se déplacent dans la grande salle d’exposition est curieux à observer : plusieurs groupes silencieux évoluent dans l’espace en suivant le même parcours, certaines personnes se tiennent la main, d’autres se baissent afin d’éviter un obstacle virtuel. Une dame au loin lance un « Je suis perdue ! » et fait appel à un membre de l’équipe pour l’aiguiller. Sur les murs blancs, des symboles géométriques permettent aux casques équipés de caméra de détecter la géolocalisation des visiteurs.
L’expérience peut accueillir jusqu’à 70 personnes par heure. Depuis le début de l’exposition immersive en juin dernier, 50 000 billets ont été vendus et 40 000 visiteurs se sont déjà rendus sur place. Tous les week-ends sont pleins jusqu’à la fin de l’exposition le 2 octobre prochain.
Un travail de reconstitution sur plusieurs années
Plusieurs années de recherches et de collecte de données sur site réalisés en partenariat avec l’égyptologue Peter Der Manuelian et son équipe du Giza Archives Project (Harvard University) ont été nécessaires à l’élaboration de cette Expédition Immersive. En 2019, Emissive avait déjà proposé des visites de la pyramide en réalité virtuelle à la Cité de l’architecture & du patrimoine. Il s’agissait alors de phases d’expérimentations.
« Nous voulons être complémentaire à la réalité »
Interrogé après l’expérience, Fabien Barati, CEO d’Emissive, société spécialisée dans la réalité virtuelle, à l’origine de l’exposition, nous explique que le but de ce type d’immersion est de faire découvrir des sites touristiques difficilement accessibles aujourd’hui. « Nous voulons être complémentaire à la réalité. J’ai entendu plusieurs personnes dire à la fin que cela leur avait donné envie de se rendre en Egypte pour visiter la pyramide », commente-t-il. Le choix de montrer certains paysages à l’époque actuelle n’est pas anodin, il permet de montrer les lieux comme on pourrait les trouver aujourd’hui. Pour Fabien Barati, le but n’est en aucun cas de supprimer les voyages, mais bien d’inspirer et de diffuser la culture d’une manière différente.