De nombreuses destinations françaises et sites naturels tentent de réguler le tourisme de masse en instaurant un système de réservation voire une taxe de séjour. Cette nouvelle gestion des flux va-t-elle faire émerger un yield management des sites touristiques ?
Accès aux Calanques de Sugiton sur réservation, quotas journaliers pour les îles Lavezzi en Corse, taxe de séjour pour les visiteurs journaliers à Venise… Nombreux sont les sites naturels touristiques et les destinations qui instaurent de nouveaux systèmes de gestion des flux afin de préserver leur biodiversité et leur patrimoine. Si l’accès reste gratuit pour une majorité de lieux, certains ont décidé de le rendre payant.
Selon Romain Charié, Fondateur de N&C, une société spécialisée dans la tarification dynamique, cela va sans doute faire naître un yield management des sites touristiques. Pour rappel, le yield management consiste à optimiser le rendement et le remplissage en jouant sur les prix. Il est beaucoup utilisé dans le secteur de l’aérien par exemple. « A partir du moment où l’on fait payer l’accès à un lieu, il sera possible de faire varier le prix d’une semaine à l’autre afin de respecter les jauges d’accueil », explique-t-il. Cela permet d’inciter les visiteurs à se rendre sur un site naturel aux heures creuses en proposant un prix moins élevé. « Les lieux de patrimoine, culturels, les parcs nationaux, ont déjà mis en place ce type de tarification il y a longtemps », ajoute Romain Charié.
Finalement, les sites touristiques protégés pourraient profiter du yield management comme de nombreux produits avant eux. « Nous n’aurons pas le choix », conclut le fondateur de N&C.