Massif du Canigó : « Nous nous sommes éloignés du tourisme de masse »

Le Syndicat mixte Canigó Grand Site est lauréat des Trophées Horizons dans la catégorie « Gestion responsable des flux touristiques » pour sa gestion des flux…

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JL

Julia Luczak-Rougeaux

25 juillet 20222 min de lecture

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© Phillip Capper

Le Syndicat mixte Canigó Grand Site est lauréat des Trophées Horizons dans la catégorie « Gestion responsable des flux touristiques » pour sa gestion des flux motorisés sur le versant nord du massif du Canigó. Charlotte Besombes, Chargée de mission Médiation Patrimoine Culturel et Participation Citoyenne du Syndicat Mixte Canigó Grand Site, revient sur cette initiative.

Comment cette idée de gestion des flux est-elle née ?

Cela fait une vingtaine d’années que nous avons des problématiques de fréquentation du site. Nous sommes Grand Site de France depuis 2012. Nous sommes donc classés par l’Etat et bénéficions d’une forte renommée mais aussi d’une fréquentation très importante. Auparavant, nos refuges situés à 200 mètres d’altitude étaient accessibles en voiture. Les visiteurs s’y garaient et effectuaient l’ascension du pic, mais ce n’était pas soutenable. Il a fallu trouver un équilibre entre la fréquentation et les enjeux environnementaux. C’est pourquoi nous avons cherché à faire reculer la voiture. Nous avons commencé à cantonner les véhicules à 8km en dessous du refuge des Cortalets, le plus important, à partir de 2018. Les personnes voulant se rendre au refuge devaient soit s’y rendre à pied, soit emprunter un service de 4x4. L’éboulement sur l’une des pistes en 2019 et la tempête Gloria en 2020 a rendu difficile l’accès aux pistes forestières, même en 4x4. C’est pourquoi nous avons décidé d’arrêter la circulation de tout véhicule. Aujourd’hui, l’accès motorisé a été reculé de 40km. 4 700 véhicules empruntaient la piste principale en 2018. En 2022, seuls 150 véhicules ayant droit y ont accès.

Qu’est-ce que cela a changé dans la stratégie touristique du site ?

Nous sommes passés d’un tourisme d’excursion, à des personnes qui venaient la journée, à un tourisme de randonnée, avec des personnes qui viennent désormais sur deux ou trois jours. Les visiteurs sont désormais répartis sur plusieurs sentiers, ce qui permet de diluer les flux. Ils peuvent monter à pied, en vélo, à dos de cheval ou à dos d’âne. Cela a permis à des acteurs locaux de développer leurs activités touristiques. Le refuge le plus important a enregistré une augmentation de 1200 nuitées durant la dernière saison. Nous nous sommes éloignés du tourisme de masse, tout en réhabilitant l’image du massif.

Pensez-vous que tous les sites naturels devront aussi repenser leur gestion des flux motorisés ?

Le problèmes des sites naturels, et on ne le sait pas forcément, c’est qu’ils ont une capacité d’accueil limitée. Chacun y sera confronté un jour ou l’autre. Je sais que le Lac des Bouillouses qui est également un site classé, a interdit l’accès aux voitures individuelles et a mis en place un système de navettes par exemple.


Pourquoi le jury des Trophées Horizons a récompensé le Syndicat mixte Canigó Grand Site : « L’initiative a été pensée il y a longtemps et a été mûrie avec l’ensemble des acteurs du territoire. Elle est innovante par sa radicalité. »


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