NDC : Amadeus propose de repenser le standard pour faciliter son adoption

Dans une étude, Amadeus revient sur les freins qui empêchent l’adoption généralisée du standard de distribution NDC et propose de créer une nouvelle solution…

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Julia Luczak-Rougeaux

20 juillet 20224 min de lecture

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© Ali Abdul Rahman

Dans une étude, Amadeus revient sur les freins qui empêchent l’adoption généralisée du standard de distribution NDC et propose de créer une nouvelle solution basée sur le cloud qui étendrait les normes actuelles.

Pour rappel, NDC (New Distribution Capability) est un standard de distribution développé par IATA basé sur la norme XML. Il permet d’échanger davantage d’informations que les standards actuels entre compagnies aériennes et voyagistes. NDC a le potentiel de redistribuer les cartes dans le secteur de l’aérien en modifiant la distribution, la création d’offres et l’organisation des systèmes. Initié au début des années 2010, ce standard met du temps à être adopté par les différents acteurs du secteur car ils bousculent les modèles économiques existants.


Pour comprendre NDC et ses enjeux : Technologie, modèle économique : comment NDC va redistribuer les cartes dans la distribution aérienne


Selon Amadeus, tant que NDC n’aura pas atteint une version aboutie, la norme ne pourra pas profiter au voyageur final durant la phase d’inspiration. Elle ne permet pas d’augmenter les réservations aujourd’hui, alors qu’elle fait perdre des revenus aux compagnies aériennes qui investissent dans son déploiement.

Plusieurs freins sont identifiés par l’étude :

  • Avec des niveaux de développement différents en fonction des compagnies aériennes, les agences de voyage ont du mal à proposer aux voyageurs un affichage facile à comparer.
  • Le modèle actuel oblige les OTAs à attendre la réponse de la compagnie aérienne la plus lente avant de pouvoir consolider le contenu et présenter les options au voyageur pendant la phase d'inspiration. Or, le contenu NDC est aujourd’hui plus lent que celui issu des GDS. Certaines OTAs décident même de ne pas afficher ce contenu à cause de cette lenteur.
  • Dans le cadre des réservations actuelles via NDC, les coûts informatiques pour les vendeurs, les fournisseurs de systèmes et les compagnies aériennes continuent d'augmenter, car ils doivent explorer un vaste vivier d'offres en réponse à différentes requêtes de recherche des voyageurs. Par exemple, pour une recherche ouverte de date et de destination, le moteur de recherche devra envoyer 255 500 requêtes « Air shopping » à chaque compagnie aérienne afin de remplir la matrice du calendrier. Des coûts importants sont engagés sans certitude de réservation.
  • L’enjeu est aussi climatique. En utilisant inutilement les processeurs pour effectuer ces requêtes, c’est également de l’énergie pour alimenter les systèmes qui est gaspillée. A terme, les acteurs du voyage et les compagnies aériennes auront besoin d’une solution optimisée qui ne consomme pas plus que nécessaire.
  • En l'absence d'une solution développée par les compagnies aériennes, qui serait capable de répondre aux besoins des acteurs du voyage en ligne, nombre d'entre elles ont développé des solutions internes, principalement basées sur le cache informatique. Ce cache permet de stocker les disponibilités des tarifs, mais il n’est pas toujours mis à jour en temps réel.

Les solutions proposées par Amadeus

Pour surmonter ces freins, Amadeus considère que les compagnies aériennes, les agences de voyage en ligne et l'écosystème entier doivent innover ensemble. Cela permettrait d'éviter que les géants du numérique finissent par « posséder » le haut de l'entonnoir de recherche (qui comprend les personnes ayant une faible intention de réserver) en développant leur propre technologie pour gérer efficacement d'énormes volumes de contenu de compagnies aériennes.

Pour cela, la société technologique propose de mettre en place un « référentiel d'offres NDC » (NDC Offer Repository en anglais) : une solution basée sur le cloud qui étend les normes NDC actuelles. Ce référentiel peut permettre de réduire la pression sur le système informatique des compagnies aériennes en stockant le contenu en dehors des systèmes centraux, de telle sorte que la source du contenu reste contrôlée par les compagnies aériennes.

Il repose sur deux changements dans l’approche NDC :

  • Toutes les transactions ne doivent pas être traitées de la même manière. Il faut selon l’étude différencier un voyageur en recherche d’inspiration avec un budget limité, qui a une faible intention de réserver, d’un voyageur d’affaires qui fait une recherche pour réserver son déplacement mensuel au siège de son entreprise et qui a donc une forte intention de réserver. Aujourd'hui, le flux NDC est orienté vers les API des compagnies aériennes et s’adresse davantage aux distributeurs qui veulent convertir des profils enclins à réserver. Il faut élargir ce spectre selon Amadeus.
  • Il faut décorréler les coûts de génération des offres et le trafic lié à la recherche. Les compagnies aériennes et les agences peuvent réaliser des économies directes et indirectes en favorisant une approche permettant de répondre à chaque transaction de manière plus appropriée, en fonction du degré de conversion du voyageur.

Cette solution proposée par Amadeus nécessite une évolution de NDC. Cependant, la philosophie sous-jacente de NDC, qui veut donner aux compagnies aériennes le contrôle sur la façon dont leur inventaire est vendu par des tiers, reste intacte et inchangée. Selon la société, ce nouveau référentiel permettra aux compagnies aériennes de prendre des décisions de distribution en fonction de leurs objectifs commerciaux.

L'étude est disponible en intégralité ici

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