Il y a quelques semaines, Kiwi.com annonçait une levée de fonds de 100 millions d’euros. Quels seront les prochains investissements technologiques qui lui permettront de répondre aux besoins des clients alors que la reprise du voyage est effective ? Nous avons interrogé Mario Gavira, Vice President of Growth de Kiwi.com.
Kiwi.com vient de lever 100 millions d’euros auprès d’un investisseur institutionnel mondial. Cette rentrée d’argent était-elle indispensable pour survivre après la crise sanitaire ?
Mario Gavira, Vice President of Growth de Kiwi.com @TOM.travel
Non, elle n’était pas indispensable car nos chiffres sont au vert depuis plusieurs mois avec le rebond du voyage. En revanche, elle nous offre de nouvelles opportunités d’investissement dans plusieurs domaines afin d’améliorer l’expérience et la conversion.
Quels sont-ils ?
Pendant la crise sanitaire, nous avons réalisé qu’il fallait proposer plus qu’un moteur de recherche pointu sur la technologie. Il faut aussi que la chaîne de production, d’émission et de remboursement soit fluide A à Z. C’est pourquoi nous sommes en train de travailler sur la partie back-end afin d’améliorer tous ces processus. Nous voulons également développer l’aspect multimodal de Kiwi.com en étant capable d’offrir toutes les combinaisons de transport. C’est complexe car l’offre est déstructurée. A terme, nous voulons proposer une offre door-to-door. Nous réfléchissons également à proposer le modèle de paiement « buy now, pay later » qui est très à la mode sur les sites d’e-commerce. Enfin, nous sommes intéressés par le principe de l’option qui garderait un billet au même prix pendant plusieurs jours.
NFT, métavers, data… quelles sont les tendances technologiques que vous suivez actuellement ?
Les NFT ne font pas du tout partie de notre axe de développement car le marché n’est pas encore mature et nous ne pensons pas qu’ils peuvent améliorer notre business de manière significative. Nous suivons tout ce qu’il se passe du côté de la fintech et de la facilitation du paiement. J’ai remarqué également une volonté de plusieurs acteurs de devenir des super app, à l’image de celles que l’on peut voir en Chine. Des sociétés telles qu’Uber et Revolut (société britannique qui propose des services financiers et bancaires, ndlr) veulent vendre du voyage. Elles sont potentiellement une menace pour nous. Ce n’est pas leur métier, donc ils s’appuient sur des partenariats, mais ils bénéficient d’une grande communauté de consommateurs captifs. Contrairement à une entreprise du voyage, qui sera en contact avec son client une à deux fois dans l’année, ces services sont utilisés quotidiennement. Chez Kiwi.com, nous développons l’inspirationnel et poussons des offres en fonction des cibles, mais nous savons que la fréquence d’utilisation n’est pas la même.