Basée à Amsterdam, la société Convious s’est lancée il y a quelques mois en France. Pour mener à bien sa volonté de digitaliser les parcs de loisirs, les musées et les zoos, elle mise sur l’analyse des données pour optimiser les prix et améliorer l’expérience. Explications avec Camiel Kraan, Fondateur et CEO de Convious.


L’origine de la création de Convious remonte à 2017. Un ami à moi dirigeait un zoo et un jour, lors d’une discussion, il m’a montré le parking vide. La seule manière pour lui de faire venir du monde était d’envoyer des réductions et de compter sur des relais externes. J’ai réfléchi à la manière dont il pourrait mieux vendre ses billets sans qu’il ait besoin de brader ses prix. Cette industrie n’était alors pas du tout axée sur la technologie. Elle pensait davantage aux animaux, aux attractions, à ses revenus. C’est pourquoi notre solution basée sur le pricing dynamique a rapidement plu. Celle-ci prend en compte plusieurs facteurs tels que la météo et les évènements extérieurs pour proposer le meilleur prix. Les gérants de parcs de loisirs n’ont pas le temps de faire ça au quotidien, c’est pourquoi nous le faisons pour eux de manière automatisée.
Quelle est l’importance des données dans cette digitalisation et comment utilisez-vous l’intelligence artificielle dans votre solution ?
Convious est ma 6e société. Et comme pour les précédentes, j’ai toujours accordé de l’importance à l’analyse des données. Cela permet de prédire les choses, de savoir combien de personnes vont se déplacer, combien elles vont vouloir payer, combien d’employés il faudra mobiliser. Les secteurs des parcs de loisirs et de la culture ont tout intérêt à tirer de la valeur de la donnée. Nous développons nos algorithmes nous-mêmes pour nos partenaires pour qu’ils n’aient rien à faire. A chaque étape du parcours d’achat, nous regardons le comportement de l’internaute en fonction du prix. Nous sommes également capables de nous adapter à la demande. Si un week-end est presque plein, la solution va automatiquement retirer la publicité pour ne pas frustrer les personnes qui ne parviendraient pas à acheter un ticket. Les prix pour les billets restants augmenteront, mais une réduction sur les sodas sera proposée pour compenser et ne pas détériorer l’expérience.
De nombreux lieux culturels et musées ne parviennent pas à raisonner comme des sociétés qui réalisent du profit. Comment parvenez-vous à les faire changer d’avis ? Qu’est-ce qui pourrait déclencher un changement de vision ?
Beaucoup de secteurs n’ont pas développé leur stratégie e-commerce. Mais je pense qu’un changement est en train d’opérer. Les visiteurs cherchent à avoir la meilleure expérience et leur parcours commence au moment même où l’idée de se rendre dans un lieu se concrétise. Je ne pense pas que les lieux culturels et les musées ne souhaitent pas développer cette stratégie, je pense qu’ils n’ont pas les moyens de le faire. Aujourd’hui, pour obtenir des billets coupe-file pour le Louvre, je vais sur un site externe. C’est curieux n’est-ce pas ? Et pourtant, ce n’est pas quelque chose que le musée propose.
En France, plusieurs sites touristiques naturels ont commencé à mettre en place un système de réservation pour contrer le surtourisme, pensez-vous qu'ils pourraient devenir vos futurs clients ?
Il y a de plus en plus de solutions de contrôle de flux qui voient le jour, notamment dans les parcs de loisirs. Je pense qu’elles vont se multiplier car elles permettent in fine d’améliorer l’expérience des visiteurs. Notre solution n’est pas forcément commerciale, elle peut aussi servir à monitorer ces informations et contrôler les flux.
Quel est votre regard sur la virtualisation des expériences culturelles ?
Je vois ces expériences comme des alternatives. Pendant la Covid-19, c’était la seule manière de pouvoir faire les choses. Mais ce n’est pas pareil lorsque l’on est face à un écran. Je pense qu’elles vont permettre une meilleure accessibilité pour des personnes ne pouvant accéder aux lieux culturels. C’est aussi une nouvelle manière d’attirer les enfants au musée. Mais cela reste une extension de la réalité pour moi.
Comment voyez-vous l’évolution de Convious dans les prochaines années ?
Nous ne pensions pas croître aussi vite. Nous remplissons aujourd’hui les objectifs que nous visions pour 2025. Après 4-5 mois de présence en France, nous avons signé avec nos premiers partenaires. Notre ambition est désormais de se lancer dans d’autres pays d’Europe comme l’Italie, l’Espagne ou les pays nordiques. En 2023, nous espérons pouvoir nous lancer aux Etats-Unis. L’économie de l’expérience s’étend aussi aux spectacles et aux matchs de football. Nous voulons également aller sur ce marché. Et si un parc de loisirs possède des hôtels, nous voulons également adapter notre solution à ces établissements. Nous voulons devenir le ‘one-stop-shop’ pour le visiteur et accompagner nos partenaires localement, avec une équipe dédiée dans chaque pays.
