Quelle est la vision du nouveau Directeur France d’Amadeus sur l’innovation dans le secteur ?

Il y a quelques mois, Bertrand Poey a été nommé Directeur France d’Amadeus.

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Julia Luczak-Rougeaux

14 avril 20223 min de lecture

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© Jakob Owens

Il y a quelques mois, Bertrand Poey a été nommé Directeur France d’Amadeus. Nous sommes allés à sa rencontre pour connaître sa vision de l’innovation dans le secteur et les tendances actuelles.

Quelle est votre vision de l’adoption de l’innovation dans le secteur ?

Bertrand Poey, Directeur France d'Amadeus

Le « bon » côté dans la crise sanitaire, c’est que l’ensemble des acteurs du voyage ont réussi à se réinventer rapidement grâce à la technologie. On a vu apparaître le sans coutures, le sans contact. Les aéroports et les compagnies aériennes ont su s’adapter en un temps court. Des solutions d’enregistrement de bagages sans contact ont vu le jour et de gestion de documents sanitaires, telles que Traveler ID, se sont développées. On peut toujours se dire qu’on aurait pu aller plus vite. Mais je pense que l’industrie a su rassurer les voyageurs, ce qui est essentiel.

Quelles tendances actuelles avez-vous identifié ?

Il y a trois tendances majeures du côté du voyageur. La première est qu’il existe une velléité de voyager et le panier moyen a augmenté ces derniers temps. L’éco-tourisme et les problématiques RSE n’ont jamais été aussi présents depuis un an et demi. Enfin, on a cru à la fin du voyage d’affaires, mais il n’en est rien. Les rendez-vous en face à face restent essentiels. Je ne dis pas que le voyage d’affaires restera le même, mais on a vu une nouvelle génération de voyageurs naître, celle des « commuters », qui ont fait le choix de vivre en dehors des grandes villes et qui consomment du train et de l’hôtel pour se rendre au siège. Les entreprises doivent davantage faire appel au MICE pour faire avancer des projets en interne.

Et du côté des agences de voyage ?

D’une manière générale, je vois une augmentation d’interactions entre les différents acteurs du voyage et principalement avec les agences de voyage. Tout cela pousse à instaurer davantage d’automatisation et des outils nécessaires pour garder une bonne productivité. Pendant la crise sanitaire, le nombre de modifications sur un dossier de voyage a été multiplié par 10. C’est pourquoi nous avons travaillé sur une solution automatique d’échange de billets, de remboursement et de traitement d’incohérence de PNR (dossier passager pour les compagnies aériennes, ndlr). Nous sommes passés d’une gestion manuelle à une gestion automatisée. Si une nouvelle vague devait survenir, les agences pourront se prémunir.

Les agences doivent également faire face à une multitude de sources hétérogènes. Il y a le contenu GDS, low-cost et désormais le contenu NDC. Je pense que ces 3 sources vont devoir cohabiter un certain temps. A terme, ce sont les offres les plus enrichies qui seront plébiscitées car elles seront davantage alignées avec les attentes des voyageurs.

Le secteur se tourne-t-il vers une transition écologique ?

Nous voyons de plus en plus d’appels d’offres dans ce sens. La demande n’est pas encore tout à fait structurée mais elle émerge. Le secteur est-il armé pour ça ? Difficile de le dire aujourd’hui. Beaucoup d’acteurs commencent à jouer le jeu, comme les aéroports. Je pense que la collaboration va jouer un rôle important. C’est ce que nous essayons de pousser avec notre nouvelle Traveler Centric Platform en partenariat avec Microsoft. Il s’agit d’une plateforme d’échanges entre les acteurs du secteur qui peut donner vie à des produits ou des solutions. Elle est amenée à se développer dans les prochains mois.

Quel sera pour vous le sujet technologique principal pour le reste de l’année 2022 ?

Pour le marché français, je dirais NDC. Cela va aller plus loin que la question technologique. Il s’agit d’un nouveau standard dans l’industrie qui va façonner la manière dont les agences de voyage et les voyageurs vont construire leur séjour. Nous sommes encore dans une phase de transition et cela va prendre encore du temps. A terme, NDC ne sera plus occasionnel, mais quotidien.

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