Faut-il s’emparer du no code, cette pratique qui permet de se passer de développeurs ?

En croissance ces dernières années, le mouvement no code permet, grâce à l’utilisation de logiciels dédiés, à n’importe quel employé d’une entreprise sans…

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Julia Luczak-Rougeaux

17 mars 20223 min de lecture

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© Adi Goldstein

En croissance ces dernières années, le mouvement no code permet, grâce à l’utilisation de logiciels dédiés, à n’importe quel employé d’une entreprise sans compétence en programmation de créer une application ou un logiciel autour d’une problématique particulière. Faut-il s’en emparer ? Dans quels cas est-il pertinent ?

Le no code est un un mode de développement logiciel qui masque la complexité du code source de l'application. Destinées aux non développeurs, les solutions no code permettent à quiconque de développer un logiciel ou une application sans utiliser une seule ligne de code. « En réalité il y a du code, mais il est en tâche de fond et n’a pas d’intérêt pour l’utilisateur qui, lui, utilise une interface graphique », complète Cyril Guiraud, COO de Theta.

Attention néanmoins, une entreprise peut avoir besoin d'un développeur dans son équipe pour implémenter cette solution eu sein de l’entreprise. Mais ensuite, n’importe quel employé est autonome.

Vous connaissez peut-être la plateforme de conception graphique Canva, l’outil de création d’application Bubble ou encore la plateforme marketing Mailchimp ? Toutes ces solutions reposent sur le no code et ont été conçues pour que leur prise en main soit la plus simple et intuitive possible pour les utilisateurs. Le no code n’est donc pas nouveau, mais éveille de plus en plus l’intérêt des entreprises. Il faut dire que la crise sanitaire et la pénurie de développeurs sont passées par là.

C’est d’ailleurs durant cette période qu’Assurinco, société experte en assurance voyage, a adopté le no code. « Nous avons eu beaucoup de projets engorgés d’un point de vue SI à ce moment-là car nous manquions de ressources informatiques », explique Denis Lamouroux, Gérant et SI d’Assurinco. La société a ainsi réalisé des expérimentations avec une solution dédiée afin de créer un outil d’acquisition client pour les commerciaux. Une première expérience positive pour Assurinco qui réfléchit à l’implémentation du no code de manière pérenne.

No code : quels intérêts ?

Selon Cyril Guiraud, le no code permet de se concentrer davantage sur des compétences métiers plutôt que sur des compétences de programmation. « Si je suis responsable d’une business unit et que je possède un objectif de vente, je peux m’improviser développeur pour créer le cheminement de mon applicatif », illustre-t-il. Grâce aux « briques » fournies par la solution no code, il pourra ainsi créer un logiciel réellement adapté à ses besoins et recommencer s’il n’est pas satisfait. Un système intéressant pour expérimenter et réaliser des POC (proof of concept en anglais, méthode qui permet d'évaluer la faisabilité d'un projet).

Autres avantages non négligeables : le prix et le gain de temps. Parce qu’ils sont rares, faire appel à des développeurs coûte cher. Le temps de déploiement est quant à lui beaucoup plus long quand il faut faire appel à un développeur et encore plus s’il est extérieur à l'entreprise.

Faut-il avoir effectué sa transformation digitale ?

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, il n’est pas nécessaire d’avoir effectué sa transformation digitale pour adopter le no code. « Au contraire, je pense qu’il peut permettre d’accélérer sa transformation digitale », déclare le COO de Theta. Une opinion partagée par Denis Lamouroux chez Assurinco : « Certes, nous utilisons des méthodes agiles, mais je pense que cela a seulement facilité notre appropriation du no code. Nos équipes étaient surprises de voir que c’était adapté à leur niveau ».

Cyril Guiraud a confiance en la capacité du secteur du Tourisme à adapter le no code. « Le secteur est extrêmement technologique par rapport à d’autres car la plupart des entreprises sont obligées d’être connectées pour se distribuer », assure-t-il. Alors, qui sera la prochaine entreprise à l’adopter ?

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