Contenus payants sur Instagram : "Il y a un risque de scinder sa communauté en deux"

Depuis fin 2021, le célèbre réseau social teste un nouveau modèle à travers des abonnements payants permettant aux utilisateurs d’accéder à des contenus…

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ML

Margot Ladiray

17 février 20223 min de lecture

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© Archives Travolution

Depuis fin 2021, le célèbre réseau social teste un nouveau modèle à travers des abonnements payants permettant aux utilisateurs d’accéder à des contenus exclusifs. Testé aux Etats-Unis, ce système semble être voué à se développer à travers le monde. Pourquoi Instagram mise-t-il aujourd’hui sur ces comptes Premium et quels sont les types de contenus pour lesquels les internautes seraient prêts à payer ? Explications avec Nicolas de Dianous, directeur associé de We Like Travel.

Véritable vitrine pour les blogueurs et influenceurs en tout genre, Instagram franchit le pas des abonnements payants. Concrètement, le réseau social propose des offres allant de 0,99 à 99,99 dollars pour certains comptes triés sur le volet aux Etats-Unis. L’objectif : tester un nouveau modèle de rémunération qui permettrait aux créateurs de contenu de générer de nouveaux revenus et à la firme du groupe Facebook de retenir ses talents. Pour Nicolas de Dianous, ce virage est étroitement lié à la montée en puissance de TikTok et Youtube : « L’explosion de TikTok a précipité l'émergence de ce nouveau modèle. Lors de son lancement, le réseau social chinois a littéralement ‘débauché’ des influenceurs stars d’Instagram leur promettant une rémunération. Face à cette fuite des talents, Instagram se devait de réagir et cela passe par une rémunération ».

Badges certifiés et stories exclusives

A ce jour, plusieurs options d’achats sont testées et les utilisateurs souscrivant à un abonnement auront accès à des contenus « exclusifs ». « L’idée est qu’à travers ces offres, les créateurs de contenu et leurs abonnés créent une nouvelle relation. Les influenceurs ont un réel besoin de reconnaissance financière au delà de la reconnaissance sociale. Ils ont besoin d'en vivre et se doivent de proposer des moments privilégiés avec certains membres de leur communauté », explique Nicolas de Dianous. « Cela peut se traduire par un temps d’échange en one-to-one, des stories ou dans le secteur du tourisme, on peut tout à fait imaginer des séances de conseils personnalisés sur une destination ou des guides de voyages numériques », ajoute-t-il.



Que reste-t-il du lien social ?

Mais étendre ce type de modèle payant ne va-t-il pas à l’encontre même de la définition de réseau « social » ? « Aujourd’hui lorsqu’on parle de réseau social il n’y a justement plus beaucoup de dimension 'sociale'. Les utilisateurs sont davantage spectateurs que producteurs de contenu et les interactions se font désormais en majorité en privé. Il ne reste alors que les marques et les actualités. Cette dimension sociale se retrouve en partie à travers ces personnalités qui livrent leur vie de façon plus intime. » Le risque ? « Scinder sa communauté en 2  avec les privilégiés d'un côté et les autres ». Un célèbre influenceur nous a confié notamment qu’il ne souhaitait pas adhérer à ce type de monétisation, préférant garder son contenu accessible à tous gratuitement.

Ce nouveau système permettra-t-il à certains créateurs de contenu d’en vivre ? Le directeur associé de We Like Travel est formel : « Pour moi, si tu as déjà acquis de la notoriété et que les marques s’intéressent à toi, tu n’as pas besoin de ce type de contenu. La monétisation BtoBtoC devrait juste permettre d’augmenter les revenus de personnes ou de marques qui n’en ont pas besoin. En revanche, l’aspect 'vitrine' d’Instagram aide des milliers de gens à vendre à travers les réseaux sociaux… mais des produits ».

Photo d'ouverture : @rswebsols

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