Search : « Il faut donner à Google ce qu’il veut plutôt que ce qu’il a »

Les règles de Google en matière de référencement évoluent constamment et il est parfois difficile de suivre le rythme.

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Julia Luczak-Rougeaux

21 janvier 20224 min de lecture

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© Firmbee.com

Les règles de Google en matière de référencement évoluent constamment et il est parfois difficile de suivre le rythme. Que faut-il donner au moteur de recherche pour être davantage visible aujourd'hui ? Comment va évoluer le référencement dans les prochaines années ? Nous avons fait le point avec Laurent Bourrelly, Consultant SEO et inventeur du cocon sémantique.

A l’évènement CM On The Beach, vous nous disiez qu’il ne suffit plus de produire seulement du texte pour être bien référencé, mais tous les types de contenus possibles. Quelles sont les règles actuelles du SEO ?

Laurent Bourrelly, Consultant SEO et inventeur du cocon sémantique.

Google a toujours pris en compte les 4 formats que sont le texte, l’image, la vidéo et le son. C’était déjà le cas dans sa version de 1996. Et pourtant, une majorité de gens ne se contentent que du texte quand Google est passé au niveau supérieur avec du « predictive search ». Le moteur de recherche est capable de pousser une multitude de contenus autour de vos centres d’intérêt aujourd’hui. Mais il faut lui donner des choses à afficher. Beaucoup n’arrivent pas à s’adapter à cette réalité. D’ailleurs, on ne parle plus de SEO, mais de Search avec un grand S. Youtube est le deuxième plus grand moteur de recherche au monde, mais personne ne s’y intéresse. C’est une erreur. Ce qu’il faut comprendre, c’est que Google fait du darwinisme à l’état pur. Il n’y a pas de place pour les deuxièmes et les troisièmes. Dans cette vision binaire, il faut être premier. Pour cela, il faut lui donner ce qu’il veut plutôt que ce qu’il a. Prenons un exemple. Si l’on tape « location de vacances à Saint-Raphaël » sur Google, seuls une liste de liens similaires s’affiche. Si l’on tape « jeux olympiques », le contenu qui s’affiche n’a rien à voir. Il y a des dates, des images, des tweets, des vidéos, des articles, etc. C’est ce à quoi devrait ressembler tous les résultats de requêtes aujourd’hui.

Résultats de la requête "Locations de vacances à Saint-Raphael"

Résultats de la requête "Jeux olympiques"

En août dernier, Google présentait son moteur de recherche du futur baptisé MUM qui sera plus intelligent et capable de prédire les requêtes des internautes. Qu’en pensez-vous ?

Le moteur de Google a l’intelligence d’un brin d’herbe, il ne comprend pas ce qu’il indexe, il ne fait que des calculs. Ce qu’ils ont présenté existe en réalité déjà. Saviez-vous que Google est capable de connaître la date d’anniversaire de votre conjoint et de vous proposer d’aller acheter un cadeau sur votre chemin ? Tapez Ad Settings dans la barre de recherche. Vous verrez tout ce que Google sait de vous, vos centres d’intérêts, votre âge, votre statut social, etc. La société a déjà toutes les informations nécessaires pour proposer du contenu ultra-personnalisé. Maintenant, il reste la question de l’acceptation du public et de l’éthique. Le designer industriel Raymond Loewy parlait de « Most Advanced Yet Acceptable », « Le plus avancé mais acceptable », c’est ce que cherche à atteindre Google. Je pense qu’on y arrivera, car l’Homme a toujours recherché le confort et la simplicité. Je pense aussi que l’on aura une puce dans le cerveau qui permettra à Google de connaître toujours plus de choses sur nous.

On parle beaucoup de métavers en ce moment. Est-ce que ces nouveaux espaces virtuels vont bousculer la manière de se référencer, d’être visible sur le Web ?

Je pense qu’avant de se poser la question pour la réalité virtuelle, qui n’est pas encore tout à fait au point pour le moment, il faut se poser la question pour la réalité augmentée. Google a lancé Lens il y  a quelques années, qui permet de reconnaître un monument ou la marque d’une paire de chaussures par le biais de l’appareil photo de votre smartphone. La question du référencement se pose déjà pour ce genre de contenu. Il ne faut pas oublier que nous en sommes encore à l’ère des fermes à clics où des personnes sont payés pour cliquer sur des liens. Le référencement dans le métavers sera un sujet dans 5 à 10 ans.

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