Business Travel : « TripActions est une société technologique avant tout »

Créée en 2015 dans la Silicon Valley aux Etats-Unis, TripActions fait ses premiers pas en France et compte s’étendre dans le reste de l’Europe.

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Julia Luczak-Rougeaux

21 décembre 20214 min de lecture

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© Anete Lūsiņa

Créée en 2015 dans la Silicon Valley aux Etats-Unis, TripActions fait ses premiers pas en France et compte s’étendre dans le reste de l’Europe. Après avoir levé 430 millions de dollars en 2021, la société compte sortir du lot grâce à sa solution complète et l’utilisation du machine learning. Rencontre avec Zahir Abdelouhab, VP Southern Europe de TripActions.

Vous existez depuis plusieurs années. Pourquoi décider d’attaquer le marché français seulement maintenant ?

Zahir Abdelouhab, VP Southern Europe de TripActions.

Nous aurions aimé le faire avant, mais il fallait être dans une configuration qui le permet, avoir des équipes de ventes et de support client opérationnelles, un contenu traduit dans la langue locale et une connexion avec les compagnies aériennes et le ferroviaire, et tout ça prend du temps. La période de crise nous a sans doute retardé dans cette échéance. Nous avons ouvert le marché britannique en 2020 et nous aurions aimé le faire en même temps en France, mais ça n’a pas été possible. Mais sachez que nous n’avons que 6 ans. TripActions est une licorne évaluée à 7,2 milliards de dollars contre 2 milliards avant la crise. Nous possédons une position significative sur le marché.

Quelle est votre valeur ajoutée en termes d’expérience utilisateur ?

La société s’est construite autour de l’expérience utilisateur. Elle a été fondée en 2015 par Ariel Cohen alors qu’il était en Ukraine au milieu d’une tempête de neige en pleine nuit, bloqué, avec aucun outil à l’interface graphique simple. Un comble alors qu’on parlait déjà à l’époque de voyages commerciaux vers la lune. Son souhait a été d’utiliser la data science afin que la solution puisse apprendre de la manière de voyager de l’utilisateur et faciliter ses déplacements à venir. L’interface graphique est quant à elle la plus pertinente possible. Notre valeur ajoutée est que nous sommes une agence de voyage qui propose également une solution de paiement et de travel & expense. Notre ambition est de créer une expérience sans couture de bout en bout. Si le vol d’un voyageur est annulé à cause d’une grève, l’outil est au courant automatiquement et lui réserve un nouveau billet, tout en prenant en compte ses préférences. Le machine learning apprend du comportement de l’utilisateur et de ses interactions avec les agents de voyage. Ce dernier dispose automatiquement de toutes les informations à propos du voyageur lorsqu’il est contacté.

Quelle place donnez-vous au mobile dans cette expérience ?

La crise sanitaire a montré le rôle indispensable des agents de voyage, mais aussi de la technologie. Si les règles sanitaires changent du jour au lendemain, il faut pouvoir être au courant en temps réel. Je fais partie de la génération Y et personnellement je n’ai jamais appelé un agent car je préfère le contacter via le tchat sur mon téléphone. Nous voulons que notre application soit aussi sexy que celle d’Air France ou de Booking. Le mobile permet de faire plusieurs choses, comme savoir quels sont les collègues qui voyagent avec moi ou réserver un Uber. Les travel managers peuvent quant à eux, grâce à une console unique, voir où se trouvent les collaborateurs partout dans le monde en temps réel. TripActions est une société technologique avant tout, c’est pourquoi nous sommes agiles et faisons évoluer notre solution en fonction des besoins.

Quelle est votre politique en matière d’incentive ?

TripActions peut être utilisé dans un cadre professionnel mais aussi personnel. Il suffit d’appuyer sur un bouton pour glisser d’un profil à l’autre. En France, beaucoup de sociétés sont effrayées par cette possibilité. Nous donnons la possibilité de récompenser le voyageur sur les économies réalisées. La société a le choix de lui offrir un voucher, un bouquet de fleurs ou de verser la différence sur son compte personnel, en fonction des règles fiscales. Elle peut aussi choisir de récompenser les efforts réalisés en matière de réduction carbone. Nous donnons la possibilité de voir son empreinte carbone sur l’année et de la budgétiser en la transformant en euros. La logique est de disposer du maximum de données que ce soit en matière de paiement ou d’impact carbone afin de prendre les bonnes décisions.

Vous avez levé plusieurs centaines de millions de dollars en 2021, quels sont les projets dans les prochains mois ?

Nous cherchons toujours à améliorer l’expérience utilisateur et cela passe par le développement continu du produit. Nous venons de lancer Liquid, notre solution de gestion des dépenses qui va hercher les informations automatiquement pour créer une expense facilement. Nous allons développer notre empreinte géographique avec une ambition majeure sur l’Europe. Nous venons d’ouvrir en Angleterre, aux Pays-Bas, en France et en Allemagne et nous avons ouvert un centre opérationnel à Lisbonne. Nous visons une croissance interne et externe et pour cela nous regardons le marché pour de potentielles acquisitions.

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