L’Odyssée Sensorielle ou comment immerger le visiteur grâce aux odeurs

Jusqu’au mois de juillet 2022, le Muséum national d’Histoire naturelle propose une exposition inédite en France : l’Odyssée Sensorielle, une plongée immersive…

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Julia Luczak-Rougeaux

25 novembre 20214 min de lecture

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© PROJECTILES/MARDI8/SENSORY ODYSSEY

Jusqu’au mois de juillet 2022, le Muséum national d’Histoire naturelle propose une exposition inédite en France : l’Odyssée Sensorielle, une plongée immersive dans les milieux naturels qui repose sur l’expérience olfactive.

Utiliser les odeurs pour immerger les visiteurs dans des milieux naturels. C’est le défi que s’est donné le Muséum national d’Histoire naturelle en collaboration avec des réalisateurs, muséographes, scénographes, ingénieurs et développeurs, neuroscientifiques, plasticiens, parfumeurs et créateurs d'effets spéciaux sensoriels. Un travail d’ampleur qui s’est déroulé en 2020, au cœur de la crise sanitaire, et qui a permis de construire un parcours de 8 salles plongeant les visiteurs dans la savane, la forêt tropicale, l’océan ou le Grand Nord. Par le moyen d’écrans parfois incurvés, de sons et de diffuseurs d’odeurs, il est possible de ressentir l’humidité, le froid, l’écume. A condition bien sûr de ne pas se retrouver à côté d'une personne ayant abusé du parfum, comme ce fut mon cas dans l'une des salles.

« C’est le collectif Nez qui assuré le "commissariat olfactif" à partir du scénario de l'exposition que nous avons co-conçu avec Sensory Odyssey. Pour cela, ils sont allés piocher dans la banque de l’International Flavors & Fragrances Inc. La société La Guilde s’est chargée de mettre ces senteurs dans des cassettes pour une diffusion sèche, c’est-à-dire qu’il n’y a pas besoin d’humidité. Des canons à odeurs ont été disposés tout au long du parcours et s’activent en synchronisation avec les vidéos », détaille Flora Ploquin, Chargée de projet Programmation et itinérance des expositions au Muséum national d’Histoire naturelle.

L’exposition fait appel aux sens de l’odorat, de la vue et de l’ouïe, mais pas à ceux du toucher voire du goût. « Un parti pris », explique Flora Ploquin. Ceux-ci seront en revanche mis en valeur au printemps lors d'un « week-end festif sensoriel » au Jardin des Plantes, dans le cadre de la programmation culturelle autour de l'exposition.Autre parti pris, celui de ne pas proposer de textes explicatifs pendant l’expérience, mais à la fin, dans l’espace « Retour d’exploration ». « Nous voulions recréer l’expérience d’une promenade dans la nature, où il n’y a pas de cartel vous désignant les espèces d’oiseaux ou d’arbres. Il était néanmoins important de proposer une salle pour débriefer, revenir à la réalité et questionner notre relation avec le vivant », précise la Chargée de projet Programmation et itinérance des expositions.

L’immersion au cœur du Muséum national d’Histoire naturelle

Cette expérience proposée par le Muséum vient compléter d’autres dispositifs technologiques proposés aux visiteurs. Un cabinet de réalité virtuelle lancé en 2015 permet d’expliquer l’arbre du vivant tandis que la réalité augmentée donne un autre regard sur l’ensemble des espèces présentées dans la Grande Galerie de l’Évolution à travers l’expérience « Revivre ». Des dispositifs qui permettent d’élargir le visitorat : « Nous voulons évoluer avec notre temps et aller chercher un nouveau public. Bien souvent, les enfants qui visitent notre musée ne reviennent que lorsqu’eux-mêmes sont parents. Nous voulons attirer les adolescents et les jeunes adultes. Ces nouveaux formats permettent de porter notre message, à savoir sensibiliser le public aux sciences du vivant, d’une manière différente », explique Flora Ploquin.

L’Odyssée Sensorielle a été conçue pour être proposée en itinérance sur une durée de 8 ans. Elle voyagera dans le monde entier et pourra même être dupliquée pour se dérouler en simultanée. Le Muséum national d’Histoire naturelle réfléchit à développer d’autres capsules pour ses propres mur. Mais avant cela, les retours des visiteurs seront riches en enseignement.

Après le monde culturel, le tourisme ?

Une telle expérience rappelle les « salles immersives » que nous avons plusieurs fois imaginées au travers de nos articles. Une salle pour immerger et inspirer les futurs voyageurs à l’aide de réalité virtuelle, d’odeurs, d’haptique, d’air qui pourrait être proposée par les agences de voyage. Un tel dispositif olfactif pourrait permettre de donner un avant-goût d’un marché aux épices au Maroc, d’un marché aux fleurs aux Pays-Bas.

« Je pense que ce genre d’expériences peut en effet être intéressant pour immerger le visiteur dans un paysage. Mais ça n’a jamais été notre but avec cette exposition. En montrant le Grand Nord, nous ne cherchons pas à pousser les gens à s’y rendre, bien au contraire. L’idée a été plutôt de montrer l’inaccessible et de sensibiliser le public », déclare Flora Ploquin. La porte reste ouverte pour les acteurs du tourisme.

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