En quoi consiste le métavers que veut créer Facebook ?

Facebook vient d’annoncer la création de 10 000 emplois en Europe pour développer son méta-univers.

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JL

Julia Luczak-Rougeaux

18 octobre 20213 min de lecture

Facebook Horizon
Facebook Horizon© Archives Travolution

Facebook vient d’annoncer la création de 10 000 emplois en Europe pour développer son méta-univers. Le réseau social voit dans la construction de cet univers virtuel une véritable révolution poussée par le développement des technologies. Est-ce encore de la science-fiction ? Décryptage.

Ce matin, Laurent Solly, vice-président de Facebook en charge de l’Europe du Sud et PDG du groupe en France, a annoncé que le réseau social voulait accélérer dans le développement de son méta-univers en créant 10 000 emplois en Europe. « On va recruter des ingénieurs, certainement des chercheurs, des développeurs, des product managers qui vont participer à créer ce métavers, cet environnement virtuel où nous pourrons tous avoir des actions, des interactions sociales, des activités comme presque dans la vraie vie dans notre vie physique. », a-t-il déclaré sur franceinfo.

Qu’est-ce qu’un méta-univers ? Un méta-univers (metaverse en anglais) est un monde virtuel qui vient se superposer à notre réalité. Le film Ready Player One de Steven Spielberg repose sur cette idée : le personnage principal se rend dans l’Oasis, un méta-univers, grâce à un casque de réalité virtuelle, un tapis omnidirectionnel (qui permet de répliquer les mouvements des pieds) et une combinaison haptique (qui permet de reproduire la sensation du toucher). Dans cet univers virtuel, il est représenté par un avatar et peut se rendre en boîte de nuit, se battre sur la planète Doom ou se ressourcer dans des destinations touristiques virtuelles.



Qu’en est-il de celui de Facebook ? Le méta-univers que veut créer l’entreprise est un prolongement du réseau social. Un lieu où se retrouver, se divertir voire travailler. En 2019, Mark Zuckerberg présentait Facebook Horizon, sa plateforme sociale en réalité virtuelle accessible via ses casques Oculus. Pour le moment accessible qu’à une poignée de privilégiés (la liste d’attente est très longue), elle propose de jouer à des jeux-vidéo et d’en créer soi-même et de discuter avec les autres utilisateurs. Workplace, l’outil de collaboration et de communication vidéo de Facebook dédié aux entreprises, pourrait lui aussi être intégré dans Horizon.



Quel régulateur pour ce méta-univers ? Les questions qui se posent avec cet univers virtuel sont les mêmes qui se posaient à la création des réseaux sociaux voir d’Internet. Qui fixe les règles ? Aujourd’hui, c’est Facebook qui décide de modérer comme il l’entend le contenu présent sur son réseau social. Les règles pourraient donc être les mêmes.

Ready Player One, c’est pour maintenant ? Lors de l’édition 2021 de Viva Tech, Mark Zuckeberg déclarait investir des milliards de dollars dans la réalité virtuelle et la réalité augmentée afin de construire un « avenir extraordinaire d’ici 5 à 10 ans ». Il va donc falloir patienter un peu pour aller faire ses courses au Carrefour virtuel du coin. Les casques de réalité virtuelle restent en effet l’apanage des joueurs de jeux vidéo et n’ont pas intégré tous les foyers.



Quel intérêt pour le tourisme ? Le potentiel d'un méta-univers pour le tourisme est le même que celui de la réalité virtuelle. Pourquoi ne pas recréer une destination virtuellement pour lui donner envie de la visiter en chair et en os une prochaine fois ? Ou même de rendre payante la visite du double numérique d'une destination ? On peut très bien imaginer des visites guidées ou des expériences spécialement conçues pour cet univers virtuel. Des évènements peuvent également être organisés exclusivement dans ce méta-univers. Le jeu vidéo Fortnite a déjà commencé à le faire en organisant des concerts, comme celui de Travis Scott. Même TOM.travel, en organisant son Future of Customer Relationship entièrement virtuel a utilisé un méta-univers.



Ce méta-univers sera-t-il encore plus dangereux que Facebook ? Cette annonce de création de postes survient quelques jours après que Frances Haugen, ancienne ingénieure de Facebook, ait qualifié les plateformes du groupe et en particulier Instagram de dangereux pour les plus jeunes. Un danger pour l’image qu’ils se font d’eux-mêmes, mais également pour son côté addictif. En rendant le réseaux social plus immersif via la création de ce méta-univers, il est possible que l’addiction soit encore plus forte.

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