#AWFT21 : le Tourisme de demain selon Marc Halevy

Lors du forum international A World For Travel, l’auteur et physicien Marc Halévy est venu expliquer le changement de paradigme auquel nous faisons face ainsi…

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Julia Luczak-Rougeaux

21 septembre 20214 min de lecture

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© Eugene Zhyvchik

Lors du forum international A World For Travel, l’auteur et physicien Marc Halévy est venu expliquer le changement de paradigme auquel nous faisons face ainsi que son impact sur nos quotidiens et notre manière de voyager.

Selon Marc Halévy, conférencier, expert, auteur et physicien de la complexité, l’Humanité vit un changement de paradigme tous les 550 ans. 550 ans avant aujourd’hui la Renaissance voyait le jour, créant « une extraordinaire transformation civilisationnelle qui a permis de passer de la féodalité à la modernité », a-t-il expliqué. 550 ans auparavant ce fut la fin des carolingiens et de l’empire germanique chrétien. 550 ans avant, la fin de l’Empire romain. « Nous vivons actuellement une rupture, comme toutes celles qui ont précédées », a déclaré Marc Halévy aux participants du forum A World For Travel.

Le mode de régulation qui a fonctionné pendant la modernité ne fonctionne plus et les nouveaux modes de régulation à venir ne sont pas encore là. C’est ce que l’auteur appelle « une zone chaotique ». On quitte ce que l’on connaît bien sans savoir ce qui nous attend. « Mais cela est exaltant de voir naître un nouveau paradigme ou plutôt de faire naître ce nouveau paradigme », a-t-il rassuré.

De la technologie au sens : les 5 ruptures que nous traversons

Nous vivons actuellement 5 ruptures :

La 1ère rupture est écologique. Comme l’explique Marc Halévy, le nombre d’habitants sur Terre et l’appétit de consommation ne font que croître alors que 80% de ce que l’on consomme n’est pas renouvelable. « D’une période d’abondance, nous sommes passés à une logique de pénurie. C’est pourquoi il faut mettre en place la notion de frugalité, c’est-à-dire faire mieux mais moins », a-t-il affirmé.



La 2e rupture est technologique. D’une technologique mécanique, nous sommes passés à une technologie numérique. Si les réseaux sociaux mènent à la « crétinisation humaine » selon lui, cette évolution permet d’ouvrir un espace de créativité et d’accès à des tas de choses à condition que la technologie numérique soit utilisée avec intelligence. « La technologie n’est pas l’avenir de l’Homme, c’est l’Homme qui est l’avenir de l’Homme », a-t-il ajouté sur ce point.

La 3e rupture est organisationnelle. La pyramide hiérarchique est le modèle le plus répandu, avec l’idée que pour être le plus économique possible, il faut avoir le moins d’interaction et de relation possible dans un système. Mais selon lui, notre monde devient de plus en plus complexe et cette pyramide n’arrive plus à y répondre. Un nouveau modèle organisationnel est en train de se créer : celui du réseau. « Le forum A World For Travel en est un, avec son infinité de complexités et d’interactions. L’organisation y est organique et non plus mécanique », a-t-il illustré.

La 4e rupture concerne le modèle économique. Nous sommes aujourd’hui dans une économie de masse où il faut produire beaucoup, vendre beaucoup et à des prix bas. Mais il n’est plus possible de baisser les prix car un seuil a été franchi. « Ce qui va le remplacer est un modèle où la notion de prix va être remplacée par la valeur de l’utilité et d’usage donc de la durabilité. Cela veut dire que le tourisme de masse va mourir », a lancé Marc Halévy a l’assistance.


A voir également : Comment les tendances de consommation modifient-elles notre façon de voyager ?


La 5e rupture est celle du sens. « On en a marre de l’absurdité des choses. On veut donner du sens », a-t-il déclaré. Selon lui, il y a un renouveau de la spiritualité dans le sens non religieux du terme.

Quel impact sur le tourisme de demain ?

Selon Marc Halévy, ces ruptures auront un impact sur le tourisme de demain. C’est pourquoi il sera :

  • Un tourisme de proximité. « Fini les quêtes d’exotisme et les voyages vers le lointain », a-t-il affirmé.
  • Un tourisme de ressourcement et non plus de défoulement. Il y a selon lui un besoin de reprendre contact avec la réalité, de savoir où l’on en est dans sa vie. La grande majorité des gens vivent dans des villes et veulent se reconnecter à la nature et à leurs proches.
  • Une quête afin de retrouver ses racines naturelles et culturelles. « Quelle est mon histoire ? Quelles sont mes origines ? », a-t-il développé.
  • Une demande d’activité douce mais créative.
  • Une recherche de la joie de vivre plutôt que du plaisir.

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