OVR, pour Over The Reality, est un méta-univers créé fin 2018 qui repose sur la blockchain. Après avoir virtualisé la Planète, la plateforme permet à quiconque de posséder des parcelles de terre et des monuments tels que la Tour Eiffel et d’y organiser des évènement virtuels grâce à la réalité augmentée.
Imaginez un monde parallèle dans lequel il serait possible d’acheter une partie de la Tour Eiffel, un bout de plage à Punta Cana, la maison de votre enfance ou une colline en Ecosse. Une sorte de ruée vers l’or virtuelle, où tout resterait à acquérir. C’est le projet d’OVR qui, fin 2018, a virtualisé la Terre et l’a découpé en 1,6 milliards de parcelles pour les mettre en vente. Chaque parcelle est un NFT, un jeton non fongible qui authentifie et sécurise la possession d’un objet virtuel grâce à la blockchain. Ces actifs numériques connaissent une popularité croissante, notamment dans le marché de l’art où certains gifs peuvent être vendus à plusieurs millions de dollars. Un utilisateur de la plateforme peut acheter une parcelle, appelée « Land » grâce à son portefeuille de cryptomonnaies, que ce soit en Ethereum ou en OVR, le token natif de la plateforme. Le prix de ces parcelles varie en fonction de leur attrait. Le fonds décentralisé BlackPool a ainsi acheté cet été la totalité de la Tour Eiffel pour la somme de 38 6159 ETH, soit l'équivalent de près de 105 000 dollars au moment de la vente. Après avoir acheté une parcelle, il est bien sûr possible de la revendre avec une plus-value. Plus de 300 000 parcelles de terrains ont déjà été vendues.
Des lands autour de la Tour Eiffel @fungible_Gary
Quel intérêt d’acheter des terres virtuelles ?
OVR veut créer un méta-univers, tout comme Mark Zuckerberg, en combinant monde physique et virtuel qui reposerait sur une gestion des identités, un système économique et un transfert de données fiables. Assis sur votre canapé, vous pourriez vivre plusieurs réalités différentes, vivre à Tours dans la réalité tout en possédant une villa au Mexique dans un autre univers. Toute ressemblance avec les films Matrix, Ready Player One ou les livres de Philip K Dick est purement fortuite.
Le concept imaginé par OVR est sans limite et chaque parcelle est personnalisable grâce à son outil OVR Creator. Les expériences proposées reposent sur la réalité augmentée. Il est ainsi possible d’exposer ces œuvres d’arts virtuelles et de retrouver ses amis sous forme d’avatars afin d’en discuter. La technologie joue sur la spatialité, ainsi pour s’approcher d’une œuvre, il faut avancer dans la pièce (à condition qu’elle soit assez grande pour ne pas se prendre un mur). Il en est de même pour discuter avec une personne puisqu’il faut se rapprocher d’elle pour pouvoir l’entendre. Une fonctionnalité qui rappelle celle de la plateforme Laval Virtual World sur laquelle TOM a organisé son évènement virtuel Future of Customer Relationship.
@OVR
Il est également possible d’organiser une chasse au trésor en utilisant la géolocalisation. A la manière de Pokémon Go, il faut parcourir les rues pour obtenir des récompenses. Passionné de blockchain, Clément Guérin est consultant digital et ancien Responsable du marketing digital chez MisterFly. Il conçoit que la plateforme soit pour le moment réservée aux initiés, mais il imagine des applications futures pour le tourisme : « Pourquoi ne pas organiser des visites virtuelles sur des lands, payantes ou non ? Tout est à construire ».
Tout reste à construire, mais tout peut aussi disparaître du jour au lendemain. Si la plateforme a le vent en poupe et attire actuellement de nombreux collectionneurs geeks, qui sait ce qu’il adviendra si demain une autre plateforme similaire voit le jour. Les utilisateurs pourraient alors la déserter, à la recherche de nouvelles expériences spéculatives. Reste à OVR de se pérenniser pour détenir, à l’instar des GAFAM, le monopole dans son domaine.