Après une démonstration à la presse en 2019 et l’annonce d’une possible exploitation sur la Seine en 2020, les navettes fluviales SeaBubbles sont sorties du radar. Et contrairement à ce que l’on pourrait penser, la crise sanitaire n’a rien à voir là-dedans. Retour sur le déploiement compliqué de ces bateaux volants imaginés par le navigateur français Alain Thébault.
TOM.travel était présent en septembre 2019, lors de la présentation des SeaBubbles à la presse, en présence de Anders Bringdal, véliplanchiste et co-fondateur de la société. La Préfète d’Ile-de-France, Magali Charbonneau, ainsi que Paris Experience Group prévoyaient alors une mise en circulation des navettes fluviales sur la Seine au Printemps 2020. Sauf que rien ne s’est passé comme prévu. Et contrairement à ce que l’on pourrait penser, la crise sanitaire n’a rien à voir là-dedans.
Quatre ans après la création de la société, ses deux co-fondateurs, Anders Bringdal et le navigateur français Alain Thébault, ont quitté le navire sur fond de désaccords stratégiques. Le Français, par ailleurs sous le coup d’une procédure de faillite personnelle pour une ancienne société, a préféré quitter son projet de bateaux sur foils (bateau dont la coque s’élève et se maintient en équilibre hors de l’eau) dont il était actionnaire à 65% avec ses enfants. SeaBubbles a été rachetée en décembre 2020 par Mediapps Innovation, un fonds lyonnais. Depuis, Alain Thébault continue d’exprimer ses doutes sur la pérennité de son ancienne société, ce qui ne passe pas chez les repreneurs des navettes fluviales. Il a lancé une société concurrente basée en Suisse, Bubblefly, qui prévoit de faire circuler des véhicules à foils capables d’atteindre 70 km/h grâce à l’hydrogène.
Le projet SeaBubbles, lui, continue d’évoluer. Le président de Mediapps et repreneur du projet Seabubbles, Béchara Wakim, a expliqué qu’il ne s’agira plus de navettes de 4 places, ni de bus fluviaux, mais de limousines de huit places, à motorisation hybride entre électrique et hydrogène. Le prix aussi évolue : proposées auparavant à 250 000 euros, les limousines seront commercialisées à 900 000 euros. Elles devraient circuler à une vitesse de 37 km/h, soit deux fois plus rapidement que le projet actuel. Cinq premiers exemplaires avaient été pré-réservés par Paris, Zurich et la région Auvergne-Rhône-Alpes dans sa version initiale et Miami, Venise ou Dubaï se disaient également intéressés. Mais aucune information n’a encore été communiquée sur la poursuite de ces partenariats.