Créée en 2017, la jeune société Dahub est spécialisée dans la gestion intelligente des données touristiques. Elle s’est donnée pour mission d’inciter les acteurs du Tourisme, et plus particulièrement les socio-professionnels, à partager leurs données et de les aider à réaliser leur transition numérique. Un défi tant technologique que d'éducation. Explications avec Damien Catala, CEO et cofondateur de Dahub.


Dahub est spécialiste de la gestion de données touristiques. Nous aidons les socio-professionnels, que ce soit les restaurateurs ou les prestataires d’activités, à communiquer leurs informations aux offices de tourisme et autres acteurs institutionnels afin de gagner en visibilité. Pour cela, nous créons un questionnaire en fonction des données que l’office de tourisme souhaite recueillir et nous l’envoyons à tous les acteurs du territoire concerné. Ce questionnaire est pré-rempli grâce à l’usage de robots qui vont préalablement chercher toutes les informations disponibles sur Internet. Cela facilite la tâche aux socio-professionnels qui n’auront qu’à rectifier ou compléter les informations. Notre première collaboration a été signée en 2017 avec l’office de tourisme de Grenoble. Depuis, nous travaillons avec plus de 120 destinations telles que l’Ile de la Réunion, Montpellier, la Corse, la Drôme... Nous avons déjà référencé 35 000 socio-professionnels et nous ouvrons désormais notre capital à des investisseurs privés afin de réaliser une levée de fonds.
Les socio-professionnels manquent-ils de maturité vis-à-vis des données ?
Ils ne comprennent pas encore très bien la valeur des données. Une multitude de micro-évènements et d’expériences va émerger dans le contexte actuel. Ils ont tout intérêt à le faire savoir aux office de tourisme. L’enjeu est de les impliquer dans le partage des informations et de faire en sorte qu’ils soient davantage pro-actifs. Mais pour cela, il faut les sensibiliser aux bonnes pratiques de communication sur Internet. C’est pourquoi nous les connectons aux offices de tourisme mais aussi à des entreprises privées françaises voire européennes dans une démarche locale. Nous travaillons notamment avec Vaovert ou Kopajoy. Nous voulons mettre en avant des plateformes françaises car pour nous, cela n’a pas de sens d’aller vers des plateformes internationales telles que Google, Tripadvisor ou Airbnb pour mettre en valeur des activités locales. Nous incitons ainsi les socio-professionnels à échanger leurs données avec des acteurs français innovants dans un cadre vertueux.
En quoi la société est-elle différente de DATAtourisme, la plateforme créée par la DGE qui permet à tous les acteurs du Tourisme institutionnels de partager leurs données ?
La plateforme DATAtourisme est le meilleur de ce que peut représenter la mutualisation des données touristiques françaises du point de vue institutionnel. Elle a été pensée par des office de tourisme pour des offices de tourisme. Dahub est davantage un facilitateur entre les socio-professionnels et les institutionnels. Nous permettons de faire avancer les choses de manière efficace et indirecte. Les données récoltées pour les entreprises privées n’ont pas vocation à être présentes sur DATAtourisme car elles sont personnalisées en fonction de la typologie de la plateforme. Pour Vaovert par exemple, il s’agira d’informations spécifiques sur des hébergements éco-responsables.
Vous avez lancé le collectif Relance Tourisme au printemps 2020 puis l’association Innotourisme, de quoi s’agit-il ?
Le coup d’après pour nous est d’accompagner les professionnels du Tourisme afin qu’ils réussissent leur transition numérique et de les convaincre de jouer local, qu’il s’agisse de socio-professionnels ou d’acteurs économiques. Mais pour cela, il faut mettre en place une gouvernance. C’est ici que l’association entre en jeu. Innotourisme sera un espace de dialogue et d’animation au sein duquel les acteurs du Tourisme, les prestataires, les institutionnels et les socio-professionnels pourront faire part de leurs problématiques, de leurs ambitions et s’ouvrir à la collaboration. Ils pourront ainsi assister à des ateliers, faire partie d’un réseau et se tenir au courant des dernières innovations. Tous ces échanges permettront à Dahub de lancer une fonctionnalité de recommandations d’outils pour ces acteurs. Nous voyons que les socio-professionnels ont besoin d’être accompagnés. 88% d'entre eux souhaitent être recontactés à la suite de l’envoi de notre questionnaire, principalement pour savoir comment développer leur visibilité auprès de nouveaux segments de clientèle.
